Et si le Boeing 777 de la Malaysia Airlines avait atterri... Aussi incroyable que cette hypothèse puisse paraître, l'absence de traces, au douzième jour de recherches, du vol MH370 ne permet pas d'écarter cette piste. D'autant moins au vu des dernières révélations de l'enquête, qui soulèvent plus de questions qu'elles n'apportent de réponses.

Il est en effet établi maintenant que le vol Kuala-Lumpur-Pékin a dévié de sa trajectoire vers l'ouest moins de 40 minutes après avoir décollé, élargissant ainsi la zone de recherches à plus de 7,5 millions de km2, soit un territoire grand comme l’Australie. Un changement de cap délibéré puisque les systèmes de communication de l'appareil ACARS, puis les transpondeurs, ont été coupés à quelques minutes d'intervalle, juste avant que l'avion ne disparaisse des écrans radars.

Des données du simulateur de vol du pilote effacées

C'est à ce moment-là que l'armée de l'air thaïlandaise a repéré un "appareil non identifié" changeant plusieurs fois de direction, a-t-elle révélé seulement mercredi. L'avion volait alors dans une direction  sud-ouest", à l'opposé donc du plan de vol du Boeing 777 de la Malaysia Airlines. Le signal, qui "n'était pas clair et n'arrêtait pas de s'interrompre", a disparu alors que l'appareil, qui ne peut être identifié avec certitude comme étant le vol MH370, se dirigeait vers la mer d'Andaman, à l'ouest de la Thaïlande.

Outre l’analyse des données aéronautiques, l'expertise de l'ordinateur personnel du commandant de bord a révélé une nouvelle information intrigante. En effet, "des données" ont été effacées du simulateur de vol grand public saisi au domicile de Zaharie Shah. Et les premières analyses de ce programme ont déjà révélé que ce dernier s'entraînait à atterrir sur des pistes courtes, d'une distance de 1000 mètres, alors que la distance minimum requise pour poser un 777 est de 1500 mètres. Dans le cadre de ses entrainements virtuels, ce dernier privilégiait en outre cinq aérodromes situés dans l'Océan indien : en Inde, au Sri Lanka, dans les Maldives et sur l'île de Diego Garcia.

Or, selon une équipe de data-journalisme de la radio publique américaine NPR, les pistes d'atterrissage ne manquent pas dans la zone très étendue dans laquelle aurait pu se perdre le Boeing 777. Ces derniers ont ainsi répertorié pas moins de 634 pistes, dans 26 pays, s'étendant de l'Inde septentrionale au nord de l'Australie, en passant par l'Asie centrale et la Micronésie. Retranchée des pistes situées les plus à l'est, la liste reste longue. Encore fallait-il, cependant, trouver une piste sans surveillance.