Twitter a démarré en trombe jeudi à la Bourse de New York. L'action "TWTR" a clôturé sa première séance sur le New York Stock Exchange (NYSE) à 44,90 dollars, soit un bond de 72,69% comparé au prix d'introduction fixé la veille à 26 dollars et déjà supérieur aux attentes. Dans les minutes suivant le début de la cotation à 16h50, heure française, l'action s'est même envolée de plus de 90% pour toucher un sommet à 50,09 dollars, dépassant ainsi provisoirement le cours du plus grand réseau communautaire Facebook (-3,18% à 47,56 dollars en clôture).

Au total, 70 millions d'actions ont été mises sur le marché jeudi, permettant de lever 1,82 milliard de dollars. Ce montant montera jusqu'à 2,1 milliards de dollars en cas d'exercice d'une option de surallocation portant sur 10,5 millions d'actions supplémentaires. C'est loin des 16 milliards de dollars levés par Facebook, qui détient le record de la plus grosse introduction en Bourse technologique aux Etats-Unis. Mais Twitter fait jeu à peu près égal avec le géant de l'Internet Google, qui pointe jusqu'ici en deuxième position avec 1,92 milliard de dollars récoltés en août 2004, selon des données du cabinet de recherche Dealogic.

Une valorisation boursière d'environ 24,5 milliards de dollars

Si le démarrage en bourse de Twitter est incontestablement réussi, certains experts se veulent prudents. "Les investisseurs auront toujours des lubies, mais cela ne nous dit rien sur l'avenir" de Twitter, estime ainsi Larry Chiagouris, un professeur de marketing de la Pace University. "L'avenir sera déterminé par combien de dollars publicitaires Twitter arrivera à capturer. Le reste n'est qu'un phénomène de court terme". La présidente de l'autorité boursière américaine (SEC), Mary Jo White, s'était déjà inquiétée mercredi de l'intérêt peut-être démesuré pour des valeurs technologiques à la rentabilité incertaine, s'inquiétant "de l'impact sur les investisseurs" de certains paramètres dont la signification "peut ne pas être claire", comme un nombre important d'utilisateurs.

Twitter affichait jeudi soir une valorisation boursière d'environ 24,5 milliards de dollars. C'est beaucoup pour une entreprise qui a encore accusé une perte nette de 134 millions de dollars sur les neuf premiers mois de 2013 et un chiffre d'affaires de seulement 422 millions.