Durant la dernière trêve, il y a eu 300 morts en Syrie, quelle est votre réaction ?
Je suis inquiet. J'ai assez peur que ce qui se passe en Syrie ne fasse place à une situation de guerre continuelle qui dure très longtemps. Vous avez des situations analogues qui ont eu lieu en Somalie, au Sud-Soudan ou en Amérique centrale et qui ont duré des années. Tout le monde parle aujourd'hui d'une réconciliation, mais personne ne semble avoir envisagé que le conflit syrien soit un de ceux-là.

Pourquoi cette trêve n'a pas marché, comme les autres ?
Vous savez, les négociations qui mènent à la paix peuvent durer des années. Quand on regarde en arrière, il y a des précédents dans l'histoire de l'ONU, où plusieurs tentatives de paix n'ont pas donné suite. Tout ce que je peux en conclure aujourd’hui, c'est qu'il faut poursuivre les négociations.

On parle aujourd'hui d'échec de la diplomatie onusienne...
L'opinion publique est impatiente. Mais l'Histoire nous apprend que ce qui se passe en Syrie ressemble à ce qui s'est passé dans toutes les parties du Monde. En regardant en arrière, on se rend compte que peu de conflits ont été résolus en un an. Avec la Syrie, nous en sommes qu'au début.

Mais vous ne pensez pas qu'il y a urgence en Syrie ?
Non. Si vous avez une maladie, vous ne pouvez pas la soigner en un an. Parfois il vous faut dix ans de soin. Un pays, c'est pareil. S'il est malade, il faut parfois des soins sur des années pour qu'il guérisse. Avant, pendant et après.

En tant qu'ancien secrétaire général de l'ONU, quel conseil donneriez-vous ?
Continuer à agir. Il ne faut pas baisser les bras. Le plus important, c'est maintenir l'attention de la communauté internationale, elle est capricieuse. Un jour elle s'intéresse à une chose, le lendemain elle regarde un match de foot. Il faut à tout prix maintenir son attention sur la cas syrien. Beaucoup de conflits graves n'ont pas attiré son attention, je pense par exemple au Sud-Soudan. Il ne faut pas que le cas syrien tombe dans l'oubli.