Le président chypriote n'a pas atterri en terrain conquis ce dimanche après-midi à Bruxelles. "Les négociations sont à un stade très délicat. La situation est très difficile et le temps est limité", avait-il expliqué dans la nuit de samedi à dimanche à l'issue d'une réunion avec les responsables des partis politiques.

Un peu plus tôt, Nicos Anastasiades avait entamé une journée de négociations-marathon à Nicosie avec des représentants de la troïka (Union européenne, Banque centrale européenne et Fonds monétaire international). Il doit désormais convaincre les dirigeants européens du sérieux du plan proposé pour réunir les 7 milliards d'euros exigés par la zone euro en échange d'un prêt international de 10 milliards. Dès son arrivée au siège du Conseil européen, il a entamé les discussions avec les présidents du Conseil européen Herman Van Rompuy, et de la Commission José Manuel Barroso. Rapidement rejoints par les présidents de la Banque centrale européenne (BCE) Mario Draghi et de l'Eurogroupe Jeroen Dijsselbloem, ainsi que la directrice du Fonds monétaire international (FMI) Christine Lagarde. Cette rencontre se déroule quelques heures avant une réunion décisive des ministres des Finances de la zone euro qui doit tenter de boucler le plan de sauvetage chypriote.

Bras de fer

Le gouvernement et la troïka se sont mis d'accord samedi sur la création d'une taxe exceptionnelle sur les dépôts bancaires supérieurs à 100.000 euros. Ladite taxe sur tous les dépôts bancaires envisagée dans un premier temps avait mis le feu aux poudres. Le Parlement avait rejeté mardi une proposition dans ce sens, lançant les dirigeants dans une course contre la montre pour trouver des alternatives.

Un haut responsable du gouvernement chypriote sous couvert d'anonymat, cité par l'agence CNA, avait vivement critiqué samedi soir l'attitude "rigide" du FMI lors des négociations, en affirmant qu'il formulait "chaque demi-heure une nouvelle exigence". Le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, a averti de son côté que le maintien de l'île dans la zone euro dépendait du projet de plan de sauvetage, dans un entretien au journal Welt am Sonntag. Son homologue français, Pierre Moscovici, a asséné qu'il fallait en finir avec une "économie-casino au bord de la faillite". "Sinon c'est vous, c'est moi, c'est nous qui allons payer la facture".

La Banque centrale européenne (BCE) a donné jusqu'à lundi à Chypre pour trouver un accord sous peine de couper les vivres aux banques.