Les deux envoyés spéciaux du quotidien Le Monde arrêtés au Burundi jeudi 28 janvier, à savoir Jean-Philippe Rémy, 49 ans, et le photographe Philip Edward Moore, 34 ans, de nationalité britannique, ont été libérés sans inculpation a annoncé ce vendredi l'AFP. Au total, dix-sept personnes dont les deux journalistes avaient été interpellées à Bujumbura, la capitale, plongée dans une grave crise depuis fin avril, a annoncé dans la nuit de jeudi à vendredi le ministère de la Sécurité publique, qui a ajouté que "ces deux étrangers ont été arrêtés en compagnie d'un groupe de criminels armés".

"D'après nos informations, ils ont été interpellés à Bujumbura dans l'après-midi de jeudi par les services de sécurité burundais alors qu'ils rencontraient des opposants", a indiqué Le Monde sur son site, qui précise qu'ils ont été entendus par des magistrats. Une enquête judiciaire a été ouverte. Les deux envoyés spéciaux sont allés au Burundi pour enquêter sur la crise politique qui secoue le pays depuis le printemps. 

Le Monde, l'AFP et Laurent Fabius demandent leur libération 

Le quotidien Le Monde et l'AFP ont réclamé vendredi la libération des deux journalistes au Burundi. La France a aussi adressé une demande de "libération immédiate", a affirmé le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius.

"Phil Moore et Jean-Philippe Rémy ont été arrêtés alors qu'ils exerçaient leur mission d’informer", a déclaré le PDG de l'AFP, Emmanuel Hoog. "Ils doivent être libérés au plus vite. Ce nouvel incident grave, après celui subi par notre correspondant Esdras Ndikumana, témoigne de l'extrême difficulté à rendre compte de la situation au Burundi, et des menaces permanentes qui pèsent sur la sécurité des journalistes dans ce pays", a-t-il ajouté.

Des journalistes reconnus 

Jean-Philippe Rémy est entré légalement dans le pays le 19 janvier, et Philip Edward Moore le 21 janvier, a précisé Le Monde. "Ils étaient tous deux munis de visas et ne faisaient qu'exercer leur métier en rencontrant toutes les parties concernées par les tensions en cours au Burundi". 

Journaliste reconnu, Jean-Philippe Rémy, le correspondant régional Afrique du Monde, est basé en Afrique depuis 1998, d'abord à Nairobi (Kenya), et depuis 2009 à Johannesbourg (Afrique du Sud). C'est lui notamment qui en 2013 avait révélé l'utilisation de gaz chimiques par le régime syrien. Il avait pour son reportage remporté le prix Bayeux-Calvados des correspondants de guerre. Phil Moore, photographe britannique freelance, travaille régulièrement pour l'AFP.

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