La manifestation de soutien aux migrants de la "Jungle" de Calais a pris une tournure inattendue. A la fin du rassemblement, près de 200 migrants ont déjoué la vigilance des forces de l'ordre et forcé les clôtures d'accès au port de Calais. Une cinquantaine d'entre eux sont montés à bord d'un ferry de la compagnie P&O, le "Spirit of Britain", qui venait de faire débarquer ses passagers en provenance de Douvres. Par mesure de sécurité, l'activité du port, qui est le premier port français de voyageurs, a été suspendue.

Quatre sections de CRS ont été mises à la disposition de la police aux frontières du port de Calais pour déloger les intrus, indique La Voix du Nord. Les forces de l'ordre ont délogé manu militari la totalité des migrants qui s'étaient introduits dans le ferry, dont ils avaient bloqué la passerelle d'accès, après trois heures de blocage.

La maire de Calais dénonce la manifestation

Trente-cinq personnes, dont 24 migrants et 11 membres du collectif No Borders, ont été interpellés. Sur le bateau, les CRS, fouillant minutieusement les lieux, ont découvert "une dizaine" de migrants cachés entre des parois du bateau, selon le correspondant de l'AFP.

Cette intrusion massive de migrants dans le port de Calais s'est produite alors que s'achevait une manifestation pacifique, organisée en centre-ville, rassemblant quelque 2000 personnes réclamant "des conditions d'accueil dignes".

Une manifestation aussitôt dénoncée par la maire de Calais Natacha Bouchart (Les Républicains). "Une nouvelle fois, la preuve est faite par l’exemple que les manifestations organisées par des pseudos défenseurs des migrants ont essentiellement pour vocation de perturber la vie économique", s'est-elle offusquée. "J’avais fait part à l’État de ma plus vive désapprobation vis-à-vis de cette manifestation".

Le président du port demande une "réunion de crise"

Jean-Marc Puissesseau, le président du port de Calais, a demandé "la tenue d'une réunion de crise extrêmement rapidement sur la situation sécuritaire et humanitaire du camp de Calais et sa proximité immédiate avec le port". "Cette réunion devra se faire avec les responsables locaux, régionaux, parlementaires et du gouvernement, ça ne peut plus durer !", a-t-il ajouté.

Environ 4000 migrants, venus majoritairement d'Afrique de l'Est, du Moyen-Orient et d'Afghanistan, vivent dans la "Jungle" de Calais, considérée comme le plus grand bidonville de France, dans l'espoir d'atteindre l'Angleterre, considéré par eux comme un eldorado.

A LIRE AUSSI
>> Emma Watson avec les migrants de Calais : la pétition qui cartonne
>> Drame des migrants : au moins 44 morts dont 20 enfants en mer Égée
>> Trois mois ferme pour avoir caché un migrant de Calais dans son coffre