Pourquoi ce terme de "Brexit" ?
Souvenez-vous : durant l’été 2015, la Grèce est au bord de la faillite, posant la question de sa sortie de l’Union Européenne. L’expression "Greece exit" se contracte et devient le "Grexit". Sauf que, à la différence de la Grèce, dont la mise à l’écart était envisagée comme une sanction, la sortie du Royaume-Uni – "British Exit", donc – s’apparente à un départ volontaire.

 Que réclame David Cameron ?
En novembre dernier, David Cameron adresse une lettre au président du Conseil européen, Donald Tusk, où il formule ses exigences pour mener la campagne du "oui". La première d’entre elles concerne l’immigration, avec la suppression de l’accès aux prestations sociales des Européens s’installant au Royaume-Uni pendant les quatre premières années de leur séjour. Autre doléance, côté souveraineté : il souhaite abroger la loi britannique qui oblige les tribunaux à appliquer les arrêts de la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) de Strasbourg. Niveau monnaie, Cameron veut protéger la City et la livre sterling contre la prééminence des pays de la zone euro. Il s’agit d’officialiser le fait que l’UE est une communauté "multidevises". Enfin, il souhaite alléger les règles du marché unique et à réduire la réglementation pour multiplier les accords commerciaux.

► Qu’en pensent les autres membres de l’Union Européenne ?
Interrogé ce lundi, Donald Tusk s’est dit "confiant" sur la signature d’un accord. Pourtant, plusieurs Etats européens pourraient encore lui faire obstacle. En particulier la France : Paris rejettera par exemple toute mesure qui permettrait aux 9 pays n'ayant pas adopté la monnaie unique de bloquer les décisions des 19 membres de la zone euro. On comprend mieux pourquoi Donald Tusk rend visite à François Hollande, suivi dans la soirée par David Cameron... De leur côté, la Pologne, la Hongrie, les Républiques tchèque et slovaque - qui forment le "groupe de Visegrad"- se montrent inquiets de la volonté du Premier ministre britannique de limiter les prestations sociales pour les travailleurs européens employés au Royaume-Uni. La chancelière Angela Merkel, elle, est plutôt solidaire de son homologue conservateur britannique. Mais elle insiste sur le caractère immuable des principes "fondamentaux" de l'UE.

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► Et maintenant ?
Donald Tusk a rendu début février un projet d’accord, ménageant la chèvre et le chou. Il a notamment proposé un "mécanisme de sauvegarde" afin que Londres puisse pendant quatre ans restreindre les aides sociales aux migrants intra-européens, principalement originaires d'Europe centrale et de l'Est. Le texte a depuis été revu pour lier plus étroitement ce mécanisme au Royaume-Uni afin d'empêcher d'autres pays d'aspirer à une exemption similaire. Pas sûr que ces gestes suffise à réconcilier les protagonistes. Donald Tusk a lui-même qualifié de "très fragile" le processus politique en cours.