Les rapts d'Occidentaux se multiplient sur le continent africain. Sept touristes français ont été enlevés au nord du Cameroun mardi. "Il s'agit de trois adultes et de quatre enfants, deux filles et deux garçons", a précisé une source sécuritaire camerounaise, ajoutant qu'ils avaient été "capturés par des hommes, manifestement à moto, dans la localité camerounaise de Dabanga à la frontière du Nigeria".

"Les ravisseurs ont traversé la frontière du Nigeria avec leurs otages", a affirmé dans la soirée le ministère camerounais des Affaires étrangères. Selon la télévision camerounaise, les enfants (âgés de 12 ans, 10 ans, 8 ans et 5 ans) auraient été séparés de leurs parents.

Pour l'heure, aucun groupe n'a revendiqué l'enlèvement de la famille mais François Hollande a avancé qu'il s'agissait d'un "groupe terroriste que nous connaissons et qui est au Nigeria". Un nom est sur toutes les lèvres : celui de l'organisation Boko Haram.

L'action d'un groupe islamiste nigérian ?

"Cela paraît logique", estime pour Metro Cyril Musila, chercheur à l'Institut français des relations internationales (IFRI). "Mais l'enlèvement d'Occidentaux n'est pas dans leurs habitudes. Cela montre qu'un cap a été franchi", souligne-t-il. Apparu officiellement en 2004, le groupe islamiste Boko Haram s'est rapidement rapproché d'Al-Qaida au Maghreb islamique (Aqmi) sur le même rejet de l'Occident.

L'organisation ayant pour berceau le nord du Nigeria, l'hypothèse d'un déplacement des otages dans ce pays semble probable. D'autant que le nord du Cameroun, collé au Nigeria, Tchad et Centrafrique autour du lac Tchad, est traditionnellement une zone de transit. "Mais la frontière du Nigeria a été extrêmement sécurisée par le Cameroun, il se peut que les ravisseurs choisissent plutôt d'aller en Centrafrique", analyse Cyril Musila.

La concomitance entre le rapt et l'opération militaire au Mali ne peut être ignorée. "Certains jeunes Nigérians de Boko Haram sont venus renforcer Aqmi au Mali, explique Cyril Musila. Et il est possible qu'en revenant, ils aient voulu réparer la défaite subie en enlevant des Français". Paris devra aussi prendre en compte la solidarité dont bénéficie l'organisation. "Boko Haram dans cette région c'est un peu tout le monde", conclut Cyril Musila.