Personne ne s'attendait à ce que l'impassible "dépeceur de Montréal" laisse entrevoir ses failles. Mais à la vue de certaines images, Luka Rocco Magnotta, accusé du meurtre sordide d'un étudiant chinois, s’est évanoui en pleine salle d’audience mardi.

La juge est alors en train de poursuivre son enquête préliminaire afin d'évaluer les preuves présentées par l'accusation pour décider si elles sont suffisantes pour lancer le procès. "Vers la fin du témoignage d’une policière de la section des crimes technologiques, la poursuite a fait savoir qu’une vidéo allait être déposée en preuve", explique le Journal de Montreal. Si les médias ne précisent pas le contenu de cette vidéo, c'est qu'une ordonnance de non-publication les en empêche. Mais on sait que le tueur présumé avait filmé le démembrement de sa victime avant de la publier sur Internet. S'agissait-il de cet enregistrement ?

Les yeux baissés lors du visionnage

Toujours est-il que Luka Rocco Magnotta, assis dans le box vitré des accusés, émet des premiers signes de nervosité. Il met sa main devant la bouche comme s'il allait vomir, baisse les yeux avant de les essuyer avec un mouchoir. Puis, ne tenant plus, il demande une pause de cinq minutes, se lève et s'effondre sur le plancher. La juge a dû suspendre l'audience jusqu'à mercredi matin. Son avocat, Me Luc Leclair, a expliqué que son client "ne se sentait réellement pas bien" et "avait besoin d'un médicament qu'on n'avait pas ici".

Magnotta est accusé d'avoir tué, en mai dernier à Montréal, Lin Jun, un jeune Chinois, d'avoir découpé son corps et envoyé des morceaux par la poste à différents endroits. Arrêté en Allemagne le 4 juin après une cavale en France, Luka Rocco Magnotta a plaidé non coupable des cinq chefs d'accusation retenus contre lui : "meurtre", "outrage à cadavre", "publication de choses obscènes", "envoi par la poste de choses obscènes" et "harcèlement criminel" à l'encontre du Premier ministre canadien Stephen Harper et d'autres personnes. La présentation des preuves censée déterminer ou non la tenue du procès doit se poursuivre jusqu'au 23 mars.