"Un bisou sur la joue n’a pas de connotation sexuelle". "Non, c’est non…" "Un homme et une femme doivent toujours être d’accord." A Möchengladbach, à Bonn, à Cologne, des brochures à propos du carnaval sont éditées à l’intention des nouveaux réfugiés, eux qui sont bien loin d’être habitués à cette immense période de célébration qui transforme toute la région pendant six jours pleins. Il s’agit avant tout de les préparer à ce qu’ils vont voir, et de les inviter à la fête, "le moment idéal pour apprendre à connaître les habitants de Cologne et leur style de vie", selon le flyer édité par le comité des fêtes de la ville.

Mais aussi pour leur donner des conseils de bonne conduite. Des brochures en plusieurs langues : allemand, anglais, français, turc, arabe, russe. Et croate, ce qui a fait réagir l’ambassadeur, qui affirme qu’aucun réfugié de son pays n'est en Allemagne… Au-delà des petites vexations diplomatiques, c’est bien l’esprit du carnaval qui y est expliqué. Une tradition séculaire qui veut que l’on se déguise, on danse, chante, on se moque des puissants avec des costumes amusants et on boit. Ce dernier point n’est pas obligatoire pour célébrer le carnaval, rappelle le flyer de Cologne. Même si, dans les faits, la Kölsch – la bière locale – coule à flots dès le matin. Dernier rappel : uriner dans la rue est bien sûr interdit.

Des cours de carnaval

Des préceptes rappelés aussi lors de sessions offertes par l’ONG Caritas, où les bénévoles ne manquent pas de rappeler que si la bière est conviviale, sa consommation doit être maîtrisée. Autre thème, le mot "Rakete !" (pétards !) parfois crié est expliqué, pour que les réfugiés particulièrement sensibles aux bruits d’explosions comprennent qu’un pétard vient d’être lancé. Et la cérémonie de crémation de poupées de paille, marquant la fin de la semaine de fête est elle aussi détaillée, des scènes à la nuit du mardi très impressionnantes pour les néophytes.

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Enfin, "il n’est pas obligatoire de se déguiser, un sourire suffit à se joindre à la fête", précisent les documents officiels. Pourtant, rien n’est plus efficace qu’un bon déguisement pour jouer le jeu du carnaval. Surtout si l’on ressemble à un réfugié ? Car entre invitation bienveillante et rappels de discipline, il faudra trouver le bon équilibre pour profiter pleinement de cette grande fête.

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