Elles devaient "pointer" via un lecteur d'empreintes digitales avant d'enchaîner des "journées de travail de 14 heures" dans des "bordels géants". La police espagnole a annoncé mercredi soir le démantèlement d'un réseau de proxénètes roumains à La Jonquera. Une petite ville du nord de l'Espagne, à seulement 30 kilomètres de Perpignan, devenue haut lieu de prostitution et abritant depuis 2010 le plus grand bordel d'Europe, le Paradise.

"Semi-esclavage"

"Afin de les soumettre, les proxénètes les menaçaient, les frappaient et les violaient en permanence, les maintenant dans un régime de semi-esclavage", explique la police dans un communiqué. Les victimes, de jeunes Roumaines, étaient amenées en Espagne à peine leurs 18 ans fêtés. "On leur faisait miroiter de faux emplois de gardiennes d'enfants ou de personnes âgées en Espagne".

Au total, 19 personnes ont été interpellées. Elles appartiennent à deux groupes, le premier, composé de citoyens roumains installés dans la région de Braila en Roumanie, le second, chargé de gérer une "maison close géante" en Espagne. Un mandat d'arrêt européen a par ailleurs été lancé contre deux membres du réseau qui seraient encore en Roumanie. Durant leur perquisition, les policiers ont découvert plus de 100 000 euros en liquide, un fusil muni d'un silencieux, un revolver et des couteaux.