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Mis à jour : 08-02-2016 18:41
- Créé : 08-02-2016 14:59

Ce Parisien veut mettre fin aux rigoles d’urine dans la rue avec de la peinture "repousse-pipi"

L’ARROSEUR ARROSE – Parmi les propositions pour le budget participatif 2016 de la Ville de Paris, l’une d’elle fait parler : un Parisien propose de mettre sur les murs de la peinture "repousse-pipi", pour empêcher les fêtards d’uriner sur la voie publique.

La peinture "repousse pipi" repousse en fait tout liquide.

La peinture "repousse pipi" repousse en fait tout liquide.

capture écran

Photo:

Paris, une soirée arrosée, une heure avancée. Pour beaucoup de fêtards, entre deux changements de bars, la tentation est grande de se soulager sur la voie publique. Et d’aligner de longs jets d’urine sur les murs, les trottoirs, dans les bacs à fleurs ou sur les pas de porte. Ni vu ni connu. C’est même presque un petit rituel. Sauf que cette pratique fait bondir les riverains, qui se farcissent le retour à la (dure) réalité du lendemain : flaques d’urines sur le pas de la porte, hygiène douteuse sur les trottoirs et surtout, surtout… odeurs nauséabondes.

Xavier Delaporte, un habitant du 18e à Paris a ainsi décidé de contre-attaquer. Il a proposé sur le site du budget participatif de la Ville de Paris de tapisser certains murs de Paris de peinture "repousse-pipi", une peinture hydrophobe qui renvoie le jet d’urine à l’envoyeur. Comme une nappe cirée ou un parquet vitrifié.

Une peinture qui renvoie tout ce qui est liquide

Il détaille son quotidien de quartier : "La rue, les façades, les trottoirs sont dans un état désastreux, notamment dans le 18e côté boulevard Ney, à cause de personnes qui urinent dans l’espace public à toute heure", constate-t-il. "Au-delà de l’hygiène, c’est un véritable problème pour nos enfants, pour la santé publique." Mais plutôt qu’une approche répressive, il opte pour la voie dissuasive.  "Le principe est simple", explique-t-il. "Recouvrir les murs les plus exposés à ces problèmes d’urine sauvage d’une couche de peinture hydrophobe qui renvoie tout ce qui est liquide. La personne qui s’aventure à faire pipi voit son urine ricocher." Une mesure "toute simple et redoutablement efficace" pour rééduquer, un peu contre leur gré, "les usagers qui ont encore un comportement moyenâgeux en 2016."

La peinture anti-pipi existe, elle est déjà appliquée à San-Francisco, ou encore Saint-Paul, un quartier chaud d’Hambourg, en Allemagne, comme le montre ce reportage, où les fêtards sont invités à se contrôler… bien malgré eux.


En tout cas, la proposition de Xavier Delaporte a suscité un véritable engouement sur le site dédié au budget participatif de la capitale. De nombreux internautes s'empressent d'abonder, témoignages à l'appui. A les écouter, Paris est quadrillé de rigoles d’urines. Comme Cyberbab : "C'est un problème de civilité qui touche toute la ville. Je suis dans le 11e, les malpropres de jour comme de nuit n'hésitent pas à se soulager, devant les fenêtres des bureaux... " Ou Françoise : "J'ai le même problème dans ma rue. Le soir quand je rentre vers 19 heures, j'enjambe les flaques d'urine pour composer le code de chez moi ! En plus, je partage cette entrée avec une crèche !"
 
"Drôle, malin, efficace"

Alors face à ce "fléau", la solution proposée paraît "drôle, maline, efficace", souligne Marco, pour "tourner en dérision ces comportements". "Il faudrait au moins faire l'essai dans quelques quartiers particulièrement exposés, ou dans certaines rues ou sur certaines façades sensibles", estiment la plupart des intervenants. Mais d’autres internautes sont plus dubitatifs. Pour Augustin, le véritable problème de fond est "le dramatique manque de toilettes dans la Ville de Paris" : "Toutes les grandes villes du monde entier proposent les toilettes comme un service public, permettant au citoyen de ne pas avoir à envisager le mur de l'impasse comme solution - souvent désagréable - de repli", écrit-il. Un autre renchérit : "Il faut évidemment aussi plus de toilettes publiques à paris, et inciter les gens à les utiliser davantage. Renforcer le fléchage sur les toilettes qui existent est aussi une bonne solution." 

Bref, le débat en tout cas mobilise, et cette solution – chiffrée par Xavier Delaporte à 100.000 euros – est lancée. Ce qui ne va pas sans soulever un autre combat, non moins noble et concernant : "Quelqu’un a une idée contre les crachats ? C'est un autre fléau dans certains quartier", rebondit EcoWano. "Mais j'ai du mal à imaginer un revêtement au sol qui renvoie les crachats à la figure de leurs auteurs... Dommage, je me marrerais bien." Comme quoi, il y a vraiment pas de petits combats.
 

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