Et maintenant, que va faire Delphine Batho ? Deux jours après son éviction du gouvernement, l'ex-ministre de l'Ecologie a tenu jeudi une conférence de presse pour revenir sur son limogeage. Elle en a profité pour évoquer son avenir. Impossible, pour celle qui est venue directement à la politique par le militantisme, de reprendre son ancien métier : elle n'en a pas. Mais elle a déjà indiqué qu'elle retrouverait son siège de député des Deux-Sèvres à l'Assemblée. Elle compte aussi, a-t-elle annoncé jeudi, apporter son "aide" et son "expérience" à la Fondation Nicolas Hulot (FNH). Pressée de préciser ce qu'elle y ferait, elle a répondu qu'elle ne le savait pas encore précisément.

"On l'accueille avec plaisir", se réjouit pour metronews Matthieu Orphelin, porte-parole de la FNH. Lui n'est pas surpris de l'annonce de la députée : "Il y avait eu des échanges entre Nicolas Hulot et elle, notamment aujourd'hui". Concrètement, quel rôle pourrait-elle jouer à la FNH ? "Il faut encore discuter des modalités, il y a différentes choses possibles", répond le porte-parole, évoquant par exemple la possibilité d'apporter ses idées au think tank de la fondation. Mais en tout état de cause, assure-t-il, il ne s'agira pas d'une activité salariée : "Delphine Batho ne rejoint pas la FNH, qui est une fondation apolitique. Ce sera une collaboration informelle".

Un rôle de lobbying

En fait, son rôle auprès de la FNH sera surtout de faire du lobbying, à l'Assemblée nationale. "Un certain nombre de députés et de sénateurs sensibles aux sujets que porte la FNH organisent déjà des réunions, des petit-déjeuners, pour porter le message de l'écologie". Parmi ces élus proches de ses idées, la FNH recense par exemple Chantal Jouanno, ex-secrétaire d'Etat à l'Ecologie de Nicolas Sarkozy. Philippe Martin, qui remplace depuis mercredi Delphine Batho comme ministre de l'Ecologie, faisait également partie de ce cercle des députés proches des Verts.

En somme donc, Delphine Batho pourra, au côté de la FNH, contrer à l'Assemblée les "forces" de l'ombre qui, selon elle, ont voulu "(sa) tête" : les lobbys industriels.