Rituel ou assassinat camouflé ? Les pilleurs d'une des maisons du président centrafricain déchu, François Bozizé, ont découvert samedi deux squelettes sous deux dalles du garage. La concession se trouve à Sassara, en périphérie nord de la capitale Bangui, près de la route par laquelle sont arrivés les rebelles de la coalition Séléka le 24 mars, lors de la prise de la capitale. "Le lundi, je suis revenu pour prendre les deux véhicules (un 4x4 et un Hummer) qu'on avait repérés le samedi. La maison avait été pillée. Les gens espéraient probablement trouver des diamants ou de l'or cachés. Ils ont soulevé ces deux dalles du garage et ont découvert deux squelettes" a expliqué le colonel Ali Garba.

Une identité mystérieuse

Avant de décrire : "Je les ai vus. C'étaient des squelettes sans chair. Les gens étaient morts depuis longtemps. Au moins plusieurs mois, peut être plus". Dans la maison, le colonel a également trouvé un garde présidentiel tué lors des combats. "La Croix rouge a récupéré le corps du garde tué mais aussi les squelettes", assure le colonel. Une source proche du gouvernement regrette que les corps aient été déplacés et précise que Bangui est à leur recherche afin de les identifier.

S'agit-il d'opposants ou bien d'ennemis tués sous le régime de Bozizé et qu'on a cachés en pensant qu'on ne les retrouverait jamais ? "C'est peut être un rituel", a de son côté lancé un des rebelles. Les crimes rituels existent en effet dans la plupart des pays d'Afrique centrale, où ils sont censés donner de la puissance à leur commanditaire. Des os de personnes décédées sont parfois aussi l'objet de trafics, sans pour autant qu'acheteurs ou revendeurs de ces os ne soient mêlés à la mort des victimes. Selon des témoins, la maison était surtout habitée par la femme du président, Monique Bozizé. Il n'y resterait plus aucun meuble, même les lavabos ayant été arrachés, à l'exception d'un appareil de musculation.