C'est chez la compagne de Mohamed Bakkali que la perquisition a eu lieu le 30 novembre. Dans le matériel informatique de ce dernier, les enquêteurs belges sont tombés sur une inquiétante vidéo. Un enregistrement de dix heures dans lequel étaient espionnées les allées et venues d'un haut responsable du Centre d’études nucléaires de Mol, comme l'a révélé la presse belge mardi.

Cet homme est le sixième des onze inculpés en Belgique dans l'enquête sur les attentats de Paris. Un suspect qui semble avoir joué un rôle important dans la logistique des attaques du 13 novembre, rappelle la chaîne RTBF qui a dévoilé son identité. Arrêté à Bruxelles le 26 novembre 2015, Mohamed Bakkali est effet soupçonné d'"assassinats terroristes" et de "participation aux activités d'un groupe terroriste". Il aurait notamment loué, sous un faux nom, l'appartement de Schaerbeek dans lequel les terroristes ont confectionné les ceintures d'explosifs et où une empreinte de Salah Abdeslam, suspect principal toujours en fuite, a été retrouvée. Son véhicule, loué également sous une autre identité, aurait été localisé en novembre aux abords des appartements d'Auvelais et de Charleroi qui ont servi de planques aux commandos djihadistes partis de Belgique vers Paris. L'avocat de Mohamed Bakkali se refuse à tout commentaire.

Une caméra cachée dans un bosquet

Les enquêteurs belges ont pu déterminer que les images d'espionnage d'un des responsables du nucléaire avaient été "captées au moyen d'une caméra cachée dans un bosquet sous de la paille et que celle-ci a été récupérée sur place par deux suspects, repartis à bord d'un véhicule tous feux éteints". Mohamed Bakkali était-il l'un d'entre eux ? A-t-il organisé cette opération d'espionnage ? Et à quoi devait servir le film clandestin ? La Dernière Heure, qui a révélé l'existence de cette vidéo, assure que les djihadistes ambitionnaient "une attaque nucléaire sur le continent européen". D'autres sources, citées notamment dans le journal flamand Het Laatste Nieuws, évoque l'hypothèse d'un enlèvement "pour obtenir de l'uranium, vraisemblablement destiné à fabriquer une bombe".

Officiellement, le parquet fédéral interrogé par metronews mardi se refusait à toute interprétation. "Il est trop tôt à ce stade de l'enquête pour connaître les intentions exactes des personnes qui ont tourné ces images", indiquait-on. Depuis la mi-novembre, onze personnes ont été arrêtées et inculpées en Belgique dans le cadre de l'enquête sur les attentats de Paris. Huit d'entre elles sont toujours en détention provisoire.

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