Ils portent des chemises à carreaux, comme James Holmes le soir de la tuerie d’Aurora. Ils boivent du "Slurpees", sa boisson préférée. Malgré les 12 morts et les 58 blessés, l’auteur présumé d’Aurora a ses fans, baptisés les "Holmies". Des blogs et des pages Facebook lui rendent hommage. Certains veulent le voir se présenter aux élections présidentielles américaines de novembre. D’autres comparent le tueur, qui n’a tué "que 12 personnes et tout le monde flippe" et Obama en arguant que le président américain à reçu le prix Nobel de la paix alors que"sa politique étrangère tue des milliers de gens".
Pour certains, c’est son côté "looser" qui est mis en avant. "Depuis que je n’ai plus de petite copine, j’ai pensé que tu ne devais plus en avoir non plus" lui fait-on dire sur une photo diffusée sur Facebook. Des internautes lui écrivent des poèmes ou des prières comme cette parodie du Notre Père : "Notre nouveau président/ qui est en prison/Sanctifié par ton jeu/que ton règne vienne/Aux Etats-Unis comme à Aurora, donnez-nous un Uzi ou un AK47/ pour mettre fin à ceux qui se dressent sur notre chemin/Conduis-nous sur le chemin de la droiture et délivre nous du Batman, pour ta dictature divine, la puissance et la gloire, c’est toi, maintenant et pour toujours, amen".
"S’il avait eu une petite amie, il n’aurait pas tué ces gens"
Metro a contacté l’une de ces fans "Misses Holmes", l’administratrice d’une page ouverte en l’honneur de James Holmes sur Facebook. Créée il y a 24 heures, la page compte déjà quasiment une centaine de fans. Derrière ce pseudonyme, une adolescente de 15 ans qui vit en Californie. "Quand je l’ai vu la première fois aux informations, j’ai été choqué de ce qu’il avait fait. J’ai aussi pensé qu’il était assez mignon. Puis, j’ai fait des recherches sur lui et je me suis rendu compte que s’il avait eu des amis et une petite copine, il n’aurait peut être jamais commis la tuerie". Si elle dit comprendre que cela puisse choquer des gens qu’elle soit fan d’un tueur de masse, elle précise qu’elle "s’amuse plus de lui que de ses victimes et de ses crimes". Sa passion, elle la partage sur les réseaux sociaux parce qu’elle ne peut pas en parler avec ses amis "encore mal à l’aise vis-à-vis de la tuerie".
"Misses Holmes" envisage de lui écrire une lettre où elle lui dirait "qu’il y a des gens qui le soutiennent. Mais je préciserais bien qu’ils le soutiennent en raison de son apparence de beau gosse. Je lui demanderais aussi pourquoi il s’est teint les cheveux en orange au lieu de vert", (comme le Joker auquel James Holmes dit s’identifier, ndlr). Et même si cela peu paraître stupide, je demanderais aussi quel est son parfum favori de "Slurpees". D’elle-même, elle reconnaît qu’un jour ou l’autre, elle "passera à autre chose". "Plus les infos parlent de lui, plus cela le rend célèbre. Je suis fan de lui aujourd’hui mais j’ai été fan de plein de choses, mais tes centres d’intérêts changent". Fan d’un tueur de masse, un centre d’intérêt presque comme les autres en somme.
Les USA, habitués au phénomène de fans de tueurs de masse
Dans cette galaxie de groupies, et comme c’est quasiment devenu la norme, notamment depuis le 11 septembre, la version officielle des faits est remise en cause, notamment la culpabilité de Holmes. Seul argument : la comparaison des photos le montrant avant la fusillade et après. Certains estiment qu’il ne s’agit pas du même homme.
Les Etats-Unis sont un pays habitué aux phénomènes de tueurs de masses. Charles Manson a lui aussi son fan club, tout comme Eric Harris et Dylan Klebold, les étudiants qui ont tué 12 personnes et blessés 24 autres dans le lycée de Columbine (Colorado) en 1999. Les fans de ces derniers se surnomment eux, les "Columbiners" et débattent avec les "Holmies" pour savoir lequel des deux tueurs avait les meilleurs raisons de perpétrer son massacre. Lequel doit être l’objet de la plus grande empathie. En France, Mohamed Merah, au moment de sa mort, a lui aussi fait l’objet de page de soutiens, notamment sur Facebook.
















