Interdire un spectacle n'est pas chose fréquente. A l'heure où le gouvernement prône l'annulation des représentations de Dieudonné, rares sont ceux victimes des foudres de la puissance publique. En général, c'est en raison d'incitations à la haine raciale et d'atteintes à la dignité humaine. De façon peu surprenante, ce sont les shows d'extrême droite qui se distinguent dans le domaine.

Le 16 octobre 2013, le préfet du Rhône prend un arrêté interdisant un concert controversé du groupe britannique Death in June prévu à Lyon. Les autorités lui reprochent de véhiculer "délibérément" des symboles nazis, notamment l'usage récurrent de la totenkopf, l'insigne des SS. Toujours dans la musique à connotation fasciste, en avril 2009, un concert de groupes "RAC" ("rock anticommuniste") en Indre-et-Loire est interdit par la préfecture en raison de textes incitant à la haine raciale et de risques de troubles à l'ordre public.

Lancer de nains et dignité humaine

Concernant les atteintes à la dignité humaine, le 27 novembre 1991, le ministre de l'Intérieur, Philippe Marchand, décide de faciliter grâce à une circulaire l'interdiction des spectacles de "lancer de nains" en France. Selon lui, ceux-ci constituent "une intolérable atteinte à la dignité humaine". Depuis lors, il appartient aux maires d'interdire ce genre de manifestations. C'est d'ailleurs, cette circulaire qui est à l'origine de l'arrêt du Conseil d'Etat du 27 octobre 1995, Commune de Morsang-sur-Orge, auquel sont particulièrement attachés les étudiants de droit public. Et sur lequel s'appuie la circulaire de Manuel Valls pour interdire les spectacles de Dieudonné.

Enfin, en dehors des arrêtés, des décisions d'annulation de concerts ont été prises par des mairies ou des directeurs de salles, notamment pour homophobie. Ainsi, en 2010, le tollé suscité par des textes du groupe de rap Sexion d'Assaut à caractère homophobe avait entraîné une série d'annulations de concerts.