Elle n'aura duré que quatre heures. Alors qu'une trêve de 3 jours avait été déclarée entre Israël et le Hamas, celle-ci a déjà été rompue. Avant de riposter, le gouvernement israélien a accusé ce vendredi matin le Hamas de "violation flagrante" du cessez-le-feu.

Quarante personnes au moins ont été tuées juste après la fin de la trêve dans des bombardements israéliens dans le sud de la bande de Gaza, près de Rafah. Des médias israéliens ont, eux, rapporté pour leur part que des combattants palestiniens avaient ouvert le feu sur des soldats israéliens dans ce même secteur de Rafah.

Un espoir avorté

Les espoirs d'une trêve de trois jours étaient pourtant sérieux . "Israël a accepté la proposition faite par les Etats-Unis et l'ONU d'un cessez-le-feu humanitaire de 72 heures à partir de 8 heures (6 heures en France) vendredi", avait pourtant déclaré, sous couvert de l'anonymat, un collaborateur du Premier ministre Benyamin Netanyahou. Et un porte-parole du Hamas avait confirmé que le mouvement avait accepté d'observer cette trêve si son adversaire faisait de même.

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Selon un communiqué commun de John Kerry et du secrétaire général de l'ONU Ban Ki-Moon, ce "cessez-le-feu sans pré-conditions et qui pourra être étendu" ne devait toutefois pas empêcher l'armée israélienne, qui a déclenché les hostilités le 8 juillet avant d'entrer dans la bande de Gaza le 17, de poursuivre ses opérations derrière ses positions actuelles.

Des négociations compromises

"Ce cessez-le-feu est très important pour donner aux civils innocents un répit dont ils ont bien besoin face à la violence", avait déclaré John Kerry, en visite à New Delhi. Les 1,8 million d'habitants de l'enclave, pour moitié des mineurs, recevront "l'aide humanitaire dont ils ont un besoin urgent" et pourront "enterrer leurs morts, s'occuper des blessés et se réapprovisionner en denrées alimentaires", a-t-il ajouté.

Enfin, ce cessez-le-feu devait aussi permettre aux deux parties d'engager, avec la médiation de l'Egypte, des négociations "de fond". Des délégations palestinienne et israélienne étaient attendues vendredi matin au Caire pour des pourparlers associant le gouvernement égyptien et destinés à rechercher "un cessez-le-feu durable", selon le communiqué conjoint de l'ONU et de Washington. Des négociations qui paraissent, une fois encore, très compromises.