"Un syndicat n'est pas une machine à perdre, nous avons un esprit de conquête !" Dans une interview aux Echos en date du 13 mars, Thierry Lepaon, qui sera officiellement intronisé nouveau secrétaire général de la CGT jeudi, révèle ses objectifs. Cet homme de 53 ans précise : "Je veux une CGT plus unie et plus utile, qui n'attend pas d'être dos au mur pour agir et qui communique mieux sur toutes les avancées qu'elle obtient au quotidien."

Un soudeur qui a gravi les échelons

Né à Caen dans une fratrie de quatre enfants, Thierry Lepaon n'était pas le premier choix de Bernard Thibault. Et pourtant, son expérience au sein de la CGT a su faire la différence. Il rejoint le syndicat au sein de Caterpillar où il entre comme soudeur à l'âge de 17 ans avant d'être licencié deux ans plus tard. Schéma qui se répètera en 1981 lorsqu'il est licencié de chez Spie-Batignolles. Il entre à Moulinex en 1983, où il restera près de vingt ans et sera un des leaders syndical de l'usine dont il se bat pour empêcher la fermeture en 2001. Encarté depuis des années au PCF, il devient responsable CGT de la l'Union départementale du Calvados puis secrétaire général du comité régional de Normandie. Avant de devenir membre de la commission exécutive, le gouvernement du syndicat. Il a également été membre du Conseil d'orientation pour l'emploi (COE) de 2006 à 2011.

Se situant dans la ligne réformiste suivie par Bernard Thibault, ce champion d'haltérophilie, qui avoue au Nouvel Observateur s'être "trouvé trop maigre quand il était jeune", est un spécialiste des questions de l'emploi et de formation. Il a fait de la lutte contre l'illettrisme son cheval de bataille et s'est fait de nombreux amis dans les rangs du patronat quand il a dirigé le groupe CGT au Conseil économique, social et environnemental (Cese) à partir de 2010. Homme de consensus, il avoue aux Echos qu'il ne veut pas "d'une CGT qui se contente de dire non (…). La CGT n'est pas opposée aux changements, elle le prouve au quotidien en signant des accords dans les entreprises". Cependant, la grève reste le meilleur moyen de se faire entendre : Thierry Lepaon a déjà appelé à une journée d'action contre l'accord sur l'emploi, dans la semaine du 2 au 5 avril.