La Une qui met le Vatican dans tous ses états.

La Une qui met le Vatican dans tous ses états.

Charlie Hebdo

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Pas sûr que le Vatican achète une copie du nouveau numéro de Charlie Hebdo. Le pape François a moyennement apprécié la couverture montrant un Dieu armé, sous le titre : "Un an après, l'assassin court toujours". Selon le quotidien du Vatican, l’hebdo satirique omet en effet de rappeler que de nombreux dignitaires religieux ont condamné la violence au nom de la religion.

La laïcité, "ce drapeau trompeur"

"L'épisode n'est pas une nouveauté : derrière le drapeau trompeur d'une laïcité sans compromis, l'hebdomadaire oublie encore une fois ce que tant de dirigeants religieux de toutes appartenances ne cessent de répéter pour rejeter la violence au nom de la religion : utiliser Dieu pour justifier la haine est un véritable blasphème, comme l'a dit à plusieurs reprises le pape François", affirme l'Osservatore Romano dans son édition parue mardi.

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A quelques heures de l’arrivée dans les kiosques du numéro spécial – tiré à un million d’exemplaire –, nombreux sont ceux à critiquer cette couverture. Le journal du Vatican cite d’ailleurs le président du Conseil français du culte musulman, Anouar Kbibech, qui a estimé que cette caricature "blesse tous les croyants des diverses religions" et n'aide pas à la cohésion de la société française en un moment difficile. "C'est quand même très violent et très insultant à l'égard des religions", a renchéri sur BFMTV Abdallah Zekri, de l'Observatoire national contre l'islamophobie.

"Je ne suis pas toujours Charlie"

Alain Juppé lui non plus n’a pas apprécié le dessin. "Je me suis senti Charlie, évidemment lorsqu'on a assassiné des journalistes de la rédaction. Ma solidarité a été profonde et sincère. Mais quand j'ouvre Charlie Hebdo, je ne suis pas toujours Charlie", a dit le maire de Bordeaux sur Europe 1.

L'an dernier, dans l'avion qui le ramenait des Philippines, le pape François avait estimé que la liberté religieuse comme la liberté d'expression étaient deux valeurs inaliénables. Mais il avait ajouté que la liberté d'expression ne devait pas être utilisée pour l'offense et l'insulte. Si un ami "dit un gros mot sur ma mère, il doit s'attendre à recevoir un coup de poing", avait argumenté François, simulant le geste du coup de poing.

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