"Je m'attendais à ce qu'il y ait du monde, et qu'il n'y ait pu de Charlie. J'ai mon numéro, je suis content", confie Fabien. Cet étudiant a été très surpris en n'arrivant au kiosque du carrefour de l'Odéon (6e) qu'à 10h30 après "une panne de réveil" que l'hebdomadaire soit encore disponible.

Son kiosquier déclare pourtant que ce mercredi matin, l'hebdomadaire s'est très bien vendu. "Une quarantaine d'exemplaires est partie. Il m'en reste et j'aurai du réassort demain" dit-il. Sur le boulevard Saint-Germain, ses pairs n'affichent pas, eux, la même satisfaction. Après quelques heures de mise à disposition de Charlie Hebdo "1 an après : l'assassin court toujours", le numéro spécial n'attire pas les foules.

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Dix exemplaires

Au kiosque à l'angle de la rue de Buci et du boulevard Saint-Germain, plus d'exemplaire. "Ca n'est pas très étonnant, je n'en avais reçu que quinze, d'autres exemplaires seront certainement livrés demain". Idem en face, au kiosque de la rue du Four (6e). "Moi je n'en avais que dix, à 11 heures, c'était fini".

Sur le boulevard germanopratin, deux copains passent, avec des Charlie Hebdo en mains. Robert, New-Yorkais qui vit trois mois par an à Paris, a acheté son exemplaire, et en a pris un pour son voisin de palier. 'Il me l'avait demandé. Pour lui comme pour moi, c'était important de l'avoir. J'habite dans le 11e, dans le quartier de Saint-Ambroise. Pas très loin des anciens de locaux de Charlie. Et j'étais là en janvier...", se souvient Robert. Son ami Bernard indique, lui, avoir acheté le journal "pour défendre la liberté d'expression". "Je lisais déjà Charlie, de temps en temps. Ce numéro comme celui de janvier 2015, je les voulais absolument". Les deux comparses s'en vont indiquant qu'ils espéraient trouver le temps dès aujourd'hui pour lire le journal. "La Une a été très médiatisée. On l'avait vue. Mais le contenu reste inconnu".

Josyane, elle, confie avoir eu envie d'acheter Charlie après avoir écouté France Inter ce mercredi matin. "Coco et Riss étaient invités. C'était très intéressant. Du coup, j'ai voulu me procurer ce numéro. J'avais acheté celui de janvier sorti juste après les attentats, mais je le reconnais, je ne suis pas une fidèle lectrice."

Au kiosque de Wolinski et Cabu

Au kiosque de Patrick Deschamps, situé entre le Café de Flore et Le Deux Magots, 500 exemplaires devaient arriver ce matin. "Il y a eu un problème de livraison. Nous en avons eu que 200, 300 autres seront là dès demain. A midi, nous en avions vendu une centaine. C'est pas mal."

Les ventes ici ont leur importance. D'abord, parce que ce kiosque est celui où se rendait notamment Cabu et Wolinski avant d'être abattus le 7 janvier, mais aussi, parce que Patrick Deschamps a été braqué quelques minutes après la fusillade de Charlie par les frères Kouachi. "Le conducteur me met la Kalachnikov et me dit : 'Tu descends, on a besoin de ta voiture'. Je demande à récupérer mon chien, confie-t-il encore. Ils me disent aussi qu'ils représentent Al Qaida au Yémen et repartent en direction de la porte de Pantin", a raconté cet homme peu après l'attaque commise il y a un an.

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Un peu plus loin, au niveau de l'ancien domicile de Georges Wolinski, le kiosquier a reçu 50 exemplaires et en avait vendu sept à midi. "Je savais que les ventes n'atteindraient jamais celles de janvier. Ce n'est plus un 'fait exceptionnel', le 14 janvier, c'était juste après l'attaque. Là, c'est un an après. Et la Une est plus sobre. Elle ne touche pas directement le représentant d'une religion mais Dieu au sens large. Les journaux seront vendus, mais ils ne partiront pas aussi vite..."

Le numéro spécial de Charlie Hebdo du 14 janvier 2015 avait été tiré à huit millions d'exemplaires. Le numéro anniversaire paru ce mercredi 6 janvier a été tiré à un million d'exemplaires.

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