L'arbre, un chêne dit chevelu d'une dizaine de mètres, pesant quelques tonnes, a été acheminé mercredi matin sur la place de la République, à Paris. C'est en ce lieu devenu l'emblème des commémorations des attentats de janvier et de novembre 2015 qu'il trônera désormais durant les deux prochains siècles - sa longévité théorique.

Le chêne sera inauguré dimanche par François Hollande, en mémoire "de l'ensemble des victimes, y compris celles du 13 novembre", a expliqué Anne Hidalgo, la maire de Paris. Celui que l'on appelle désormais "l'arbre du souvenir" est un chêne car "il incarne la force", a également détaillé Rémi Féraud, le maire du 10e arrondissement, au Parisien. "Il fallait qu'on inscrive dans la durée le souvenir de toutes les victimes sur cette place qui est devenue un lieu de mémoire et de recueillement." Une plaque sera érigée à ses pieds et l'arbre sera illuminé en bleu-blanc-rouge dimanche soir.

Symbole de la République

Dans la tradition républicaine, le choix du chêne n'est pas anodin. Certes, il était déjà un symbole sous l'Ancien Régime, notamment celui du renouveau. Mais depuis la Révolution française, il dispute au peuplier le statut "d'arbre de la liberté". Des milliers d'arbres ont ainsi été plantés en France au cours des années 1790, mais aussi lors des révolutions du XIXe siècle, à l'occasion de cérémonies populaires, afin d'incarner l'idéal révolutionnaire et la liberté acquise après la prise de la Bastille. Selon la description du Larousse, le principe d'un arbre de la liberté a même été officialisé à partir de 1792. En l'espèce, chaque commune était tenue d'élever sous son feuillage un "autel de la Patrie" où devaient être célébrées les cérémonies civiques. Par la suite, les soldats de la République ont également planté ces arbres dans les pays qu'ils traversaient. Durant la révolution de 1848, Victor Hugo en a lui-même planté un sur la place des Vosges.

L'arbre de la liberté est d'ailleurs si étroitement associé à la République qu'il remplit aussi nos poches : il figure en effet sur les pièces françaises de 1 et de 2 euro(s).

EN SAVOIR + >> Un an après les attentats de janvier 2015, ce qui est prévu à Paris