Il n'y a pas qu'en France que l'on séquestre des patrons. En Chine aussi. Chip Starnes en sait quelque chose puisque le cofondateur et président de la société Specialty Medical Supplies China, filiale du groupe américain homonyme, est retenu par ses employés depuis vendredi, indique CNN. Il devait fermer une division de son usine de production située dans la banlieue de Pékin.

Jusque-là tout se passait bien. Les 30 ouvriers de la division concernée devaient être réaffectés à une autre division du site de production. Or certains n'ont pas voulu changer de poste et ont donc quitté l'entreprise avec des indemnités. Sauf que d'autres salariés, qui avaient par le passé été réaffectés, ont eux aussi demandé à quitter l'entreprise avec un joli chèque. Chip Starnes a refusé et s'est fait séquestrer par une petite centaine d'ouvriers.

Nourri, douché

Ces derniers affirment toutefois qu'ils sont passés à l'action parce que l'entreprise leur doit deux mois de salaires et parce qu'ils redoutent la fermeture du site pékinois, plus aucun matériau n'entrant dans l'usine. Une version que le PDG conteste vivement, dénonçant une intox. "Une mauvaise information est sortie et les choses se sont emballées, explique le businessman. Je suis en train de résoudre ce problème mais les montants demandés sont tels qu'ils mettraient la société en banqueroute." D'après Les Capella, le président de la société mère, entre 80 et 100 employés demandent environ 500 000 dollars au total.

En attendant que les négociations entre son avocat et les syndicats aboutissent, Chip Starnes est toujours prisonnier de son usine. Il précise toutefois qu'il est nourri, peut se doucher et que les autorités locales s'assurent de sa sécurité, mais sans pour autant intervenir pour sa libération. "Il faudra peut-être encore au moins un ou deux jours" avant qu'un accord soit trouvé, espère-t-il.