"Quelle est l'alternative ?" C'est la question qu'a retournée jeudi la directrice générale du FMI, Christine Lagarde, aux journalistes de la Télévision suisse qui l'interrogeaient sur la politique d'austérité actuellement suivie en Europe. Au lendemain des manifestations anti-rigueur du 1er mai en France, l'ex-ministre de l'Economie de Nicolas Sarkozy a estimé qu'il n'y avait pas d'autre solution à la crise.

Selon elle, il n'est pas possible de recourir davantage à l'emprunt, ni de "refaire" du déficit, ni de faire une politique de relance car elle n'aurait pas les moyens financiers adéquats. La "consolidation et la discipline budgétaires" doivent donc se poursuivre, estime-t-elle, mais pas forcément au même rythme pour tous. "Certains pays doivent tenir le rythme, d'autres peuvent ralentir", a-t-elle concédé, citant le cas de la Grèce qui a obtenu un délai supplémentaire pour rembourser ses crédits.

Sur l'affaire Tapie : "à chaque jour suffit sa peine"

Pour la directrice du FMI, il y a actuellement "trois types de vitesses dans le monde". Les pays les plus rapides dans la croissance sont les pays émergents. Ils sont suivis par un deuxième groupe, qui commence à renouer avec la croissance, et dont font partie les Etats-Unis, la Suède et la Suisse. Enfin, le troisième groupe est composé de la zone euro et du Japon, qui "peinent à retrouver le chemin de la croissance". Quant à l'Allemagne, le pays est "en train de récolter les fruits de sa politique", a-t-elle salué

Egalement interrogée sur l'affaire Tapie - dans laquelle son arbitrage en faveur de l'homme d'affaires français, qui a reçu 400 millions d'euros, est contesté - Christine Lagarde a répondu: "A chaque jour suffit sa peine, s'il y a des investigations, je continuerai à faire mon métier". A-t-elle défini une "ligne rouge" dans ce dossier, dont le franchissement éventuel l'obligerait à démissionner ? "Le FMI ne fait pas de spéculations, et je ne fais pas de spéculations", a-t-elle tranché. Pour s'expliquer sur ce dossier, elle est convoquée en mai par la justice française.