Nicosie promet que des têtes vont tomber. Alors que Chypre a reçu le 25 mars un plan de sauvetage international de près de dix milliards d'euros et que les banques ont rouvert jeudi, l'heure est désormais à la chasse aux coupables. Une enquête chargée de déterminer les responsabilités dans la crise bancaire s'ouvre officiellement mardi. 

"Lors de la cérémonie de prestation de serment, mardi" les trois juges chargés de l'enquête vont "recevoir un mandat pour enquêter sur tout ce qui peut m'être lié, y compris mes proches par alliance", a assuré le président lundi. En effet, des rumeurs circulent depuis quelques jours dans les médias chypriotes sur des transferts providentiels effectués juste avant la crise par des proches du président depuis les deux principales banques vers l'étranger.

Délits d'initiés et favoritismes

La commission d'enquête composée de trois anciens juges de la Cour suprême a été chargée de déterminer les responsabilités -y compris pénales- dans la crise et de relever d'éventuels délits d'initiés ou favoritismes. La commission doit également enquêter sur une liste remise par la presse grecque de personnalités politiques pour lesquelles les banques ont effacé des prêts dont le total se chiffre en millions d'euros au cours des cinq dernières années.

Mardi, la troïka des créanciers du pays a assoupli les termes du plan de sauvetage de l'île. Selon le Wall Street Journal qui cite un projet de document, l'Union européenne, la BCE et le FMI donnent désormais un an de plus à Chypre pour atteindre ses objectifs de réduction de déficit fixés.