L'étau se resserre de plus en plus autour de l'ancien ministre de l'Intérieur. Une enquête a été ouverte à la suite de la publication d'un rapport d'inspection, selon lequel quelque 10.000 euros mensuels, puisés dans les "frais d'enquête et de surveillance" des policiers, ont été "remis" à Claude Guéant entre 2002 et 2004, alors qu'il était directeur du cabinet du ministre de l'Intérieur de l'époque, Nicolas Sarkozy. Le parquet de Paris a confié l'enquête, qui vise d'éventuels détournements de fonds et recel, à la division nationale des investigations fiscales et financières (DNIFF).

Manuel Valls, avait en effet, annoncé,  lundi, qu'il transmettait à la justice le rapport qui établit que son prédécesseur a reçu quelque 240 000 euros en liquide lors de son passage au cabinet place Beauvau.  Chargée d'une "mission de vérification sur l'usage des frais d'enquête et de surveillance" destinés par exemple à rémunérer les informateurs et assurer la couverture des frais engagés lors des enquêtes, deux inspections (IGN et IGA) ont pu établir que la pratique des primes, abolie le 1er janvier 2002, avait "été rétablie" de mai 2002 à l'été 2004.

Qu'a-t-il fait de cet argent ?

Tout est parti d'une perquisition menée au domicile de Claude Guéant, le 27 février, dans le cadre d'une enquête sur un possible financement libyen de la campagne électorale de Nicolas Sarkozy en 2007. Elle avait notamment permis aux enquêteurs de découvrir des factures payées en liquide, pour un montant total d'environ 25.000 euros. Une pratique justifiée par l'ancien ministre de l'Intérieur par le versement de "primes de cabinet", "non déclarées de toute éternité" et "avec la tolérance des services fiscaux".

Reste désormais à savoir, outre le paiement de factures, quelle utilisation Claude Guéant a fait de cet argent perçu durant cette période, lui qui avait assuré que le système de primes de cabinet avait perduré à l'Intérieur jusqu'en 2006 via un système spécifique de "frais de police". Autre interrogation : que savait Nicolas Sarkozy, alors à la tête de la place Beauvau,  de ces pratiques ? Claude Guéant ne souhaite s'expliquer que devant la justice. L'occasion devrait rapidement lui en être donné.