Comment Ariel Castro a-t-il pu se pendre dans sa cellule ? Condamné le 1er août à la réclusion criminelle à perpétuité assortie d'une peine de 1000 ans de prison, "le tortionnaire de Cleveland", 53 ans, a été retrouvé pendu, mardi soir, dans la prison de l'Ohio où il était écroué. "Il était détenu sous haute surveillance, ce qui veut dire qu'il était seul dans sa cellule et que des rondes avaient lieu toutes les trente minutes. En découvrant Castro, le personnel médical de la prison a tenté de le réanimer", sans réussite, ont précisé les services pénitentiaires.

Jan Gorniak, médecin à l'institut médico-légale du comté de Franklin, a révélé sur CNN le mode opératoire : Ariel Castro s'est pendu à l'aide d'un drap. Pourquoi ne faisait-il pas l'objet d'un dispositif anti-suicide ? "C'est la grande question, qui a décidé de cela et pourquoi ?" s'est interrogé Dean Valore, avocat et ancien procureur fédéral, sur WKYC Channel 3.

"Que Dieu ait pitié de son âme"

Difficile de savoir comment ses victimes ont réagi à sa mort, Michelle Knight, Amanda Berry et Gina DeJesus, respectivement âgées de 32, 27 et 23 ans, ayant décidé de garder le silence. Contactée par metro aux Etats-Unis, Sheila Figaro a fait savoir que sa cousine Gina DeJesus allait "très bien". "Elle est sur le bon chemin pour recouvrer la santé et, honnêtement, nous l'avons éloignée de toute cette histoire le plus possible", a-t-elle confié, avant d'évoquer laconiquement Ariel Castro : "Que Dieu ait pitié de son âme".

"Bon débarras" est le commentaire qui a le plus fleuri sur les réseaux sociaux dans la foulée de l'annonce de la mort d'Ariel Castro. "C'est peut-être mieux comme cela", a indiqué sur CNN la cousine du "tortionnaire de Cleveland", Maria Castro Montes. "Lui vivant, je ne pense pas qu'elles étaient en mesure de trouver la paix".

"Il a eu le contrôle jusqu'au bout"

Pas sûr pour autant que ce décès prématuré soit synonyme de justice pour les victimes, alors que leur kidnappeur et violeur n'aura passé que quelques mois en prison depuis son arrestation, le 6 mai. C'est peu comparé à la décennie de supplices vécue par les trois femmes dans "la maison de l'horreur", située sur Seymour Avenue avant sa démolition, le 7 août. "Elles vont devoir se reconstruire sans sentiment de justice", estime ainsi Linda Papadopoulos, une psychologue interrogée par NBC. "Il a décidé de son sort, ce qu'elles n'ont jamais été capables de faire. Il a eu le contrôle jusqu'au bout et c'est, quelque part, le dernier coup qu'il leur aura porté. Dans une certaine mesure, elles risquent de se sentir trahies".