Deux jours après le malaise consécutif à un accident domestique qui l'a conduite à passer une journée à l'hôpital, la ministre du Travail Myriam El Khomri était de retour sur France 2, lors de l'émission "Les Quatre Vérités", jeudi 3 mars.

L'immobilisme, cet ennemi récurrent

Après avoir à nouveau rassuré sur son état de santé et glissé, au passage, une petite pique aux médias pour "l'emballement" dont ils ont fait preuve au sujet de cet incident – "ce n'est pas un fait politique" –, la ministre a embrayé sur son projet de loi si décrié, reprenant l'antienne de la lutte contre la stagnation, si chère à Manuel Valls : "Nous souhaitons faire avancer notre pays. L'immobilisme, c'est cela qui menace notre modèle social."

Répondant à une question sur la mobilisation contre cette loi, accusée par ses contempteurs de détricoter le Code du travail, Myriam El Khomri a calmé le jeu : "Il y a eu des questionnements sincères, qui relèvent du débat et il faut y répondre". Mais pas question de laisser les opposants au projet avoir le beau rôle. Elle a ainsi dénoncé, à l'instar de sa réponse à la pétition monstre sur Change.org, "la désinformation sur ce projet de loi".

Du dialogue, mais pas trop

Le dialogue, oui. "La concertation", bien sûr. "Le temps du débat", pas de problème". Exit, une fois de plus, les prémices d'un 49.3 aux allures de passage en force qui promettait déjà une fronde sans précédent dans les rangs de la majorité. Mais pas question pour la ministre de rester immobile : "Il faut avancer".

Quant aux craintes suscitées par le projet, la locataire de la rue de Grenelle les a balayées : "C'est absurde que les jeunes aient peur de cette loi." Après tout, argumente-t-elle, n'est-ce pas "ce gouvernement qui a encadré les stages" ? Même si elle se défend d'être droite dans ses bottes, Myriam El Khomri ne semble pas prête de renoncer à beaucoup de mesures dans cette réforme du Code du travail.

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