En septembre dernier, les images de l’accueil chaleureux réservé aux réfugiés dans plusieurs gares d’Allemagne avaient fait le tour du monde. Changement de ton, 4 mois plus tard : le pays est en émoi après une centaine d'agressions sexuelles commises la nuit du Nouvel an à Cologne (ouest). Des actes attribués à des "jeunes apparemment d'origine arabe", suscitant la crainte au sein des autorités d'une stigmatisation des réfugiés.

Au total, 90 plaintes ont été déposées et "je pars du principe que d'autres devraient suivre", a déclaré mardi à la presse le chef de la police de Cologne, Wolfgang Albers. Ces agressions sont attribuées à des groupes de 20 à 30 jeunes hommes ivres qui ont encerclé leurs victimes au milieu du millier de personnes qui s'était rassemblé autour de la cathédrale et de la gare centrale de Cologne. Une dizaine de plaintes ont aussi été déposées à Hambourg (nord).

"Madame Merkel, que faites-vous ?"

"Nous nous apprêtions à partir et c'est là qu'un groupe d'une dizaine, vingtaine, trentaine de jeunes hommes étrangers s'en est pris à nous", a raconté une victime sur le plateau de la chaîne d'information en continu N-TV. "Ils se sont mis à nous agresser, nous prenant l'entre-jambe, touchant nos décolletés, sous les manteaux", a-t-elle expliqué, ajoutant que "seules les femmes" étaient visées. Selon Wolfgang Albers, les policiers intervenus ce soir-là font état "dans leur très large majorité de jeunes hommes, âgés de 18 à 35 ans, apparemment d'origine arabe ou nord-africaine". Un constat corroboré par les descriptions des victimes.

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L'affaire, qui a pris de l'ampleur à mesure que se multipliaient les plaintes de victimes, suscite une forte émotion dans le pays : mardi en début de soirée, entre 2 et 300 personnes selon la police se sont rassemblées devant la cathédrale de Cologne pour appeler à plus de respect envers les femmes. "Madame Merkel, que faites-vous ? Ca fait peur", s'interrogeait notamment sur une pancarte une des manifestantes. Réponse de l’intéressée, peu avant : Angela Merkel a en effet téléphoné dans l'après-midi à la maire de Cologne Henriette Reker. La chancelière lui a fait part de "son indignation face à ces actes de violence insupportables et à ces agressions sexuelles".

"Nous n'avons aucun indice montrant qu'il puisse s'agir de réfugiés séjournant à Cologne" ou dans les environs, a insisté Henriette Reker, jugeant ce rapprochement "inadmissible" à la suite d'une réunion de crise dans la mairie. Le ministre de la Justice a lui aussi mis en garde contre toute "instrumentalisation" de ces agressions. L'apparence des agresseurs "ne doit pas conduire à faire peser une suspicion générale sur les réfugiés qui (...) viennent chercher une protection chez nous", l'a rejoint le ministre de l'Intérieur Thomas de Maizière.

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