L'intrusion de militants de Greenpeace ce lundi dans la centrale de Tricastin (Drôme) conduit à s'interroger sur l'identité de ceux qui protègent ces sites. Il s'agit en fait de la gendarmerie nationale, avec un peloton spécialisé basé à demeure dans chaque site.

Chacune des 19 centrales nucléaires en activité abrite donc un "peloton spécialisé de protection de la gendarmerie" (PSPG), créé à la suite d'une convention signée en février 2009 entre l'exploitant EDF et la gendarmerie, pour tenir compte de la menace terroriste après les attentats du 11 septembre. Ces unités comptent une trentaine de membres, tous volontaires, formés par le Groupe d'intervention de la gendarmerie nationale (GIGN).

Patrouille 24 heures/24

Les PSPG sont chargés de lutter contre les "intrusions et les actes de malveillance", d'assurer une surveillance des centrales et de ses abords et doivent pouvoir intervenir rapidement. Pour cela, ils patrouillent aux abords des sites 24 heures sur 24. Les PSPG forment le premier niveau de protection des centrales, le groupement de gendarmerie du département pouvant leur apporter leur appui dans un second temps. En dernier ressort, c'est le GIGN qui intervient. L'équipe d'alerte d'une trentaine d'hommes doit pouvoir se déployer sur un site attaqué en moins de deux heures avec des hélicoptères positionnés à Villacoublay (Yvelines).

Leur but ? La "protection des points clés de la centrale" et une "réponse proportionnée à la menace", selon la direction de la gendarmerie. Pour les actions menées par des militants écologistes, il s'agit de les identifier et de les "interpeller en douceur" sans mettre leur vie en danger. En cas d'attaque de terroristes, ces derniers "seraient neutralisés".

Les centrales nucléaires disposent par ailleurs de plusieurs périmètres de sécurité de plus en plus difficiles à franchir en direction des zones sensibles. Un système d'alerte se met en action dès le franchissement du premier périmètre qui est un grillage, a expliqué à l'AFP un spécialiste de ce type d'interventions. Dans le cas du Tricastin, les militants de Greenpeace ont franchi le grillage, mais, selon les autorités, n'ont pas atteint de zone sensible.