"Il n'y a pas de temps à perdre". Le président François Hollande a donné lundi matin le coup d'envoi de la grande conférence sociale. Une innovation qu'il a voulue pour relancer le dialogue avec syndicats et patronat et parvenir à trouver des solutions pour résoudre la crise.
C'est le moment "de mettre la France en mouvement", a affirmé le président en ouvrant la conférence au Palais d'Iéna, au siège du Conseil économique, social et environnemental (CESE) devant quelque 300 personnes. Avec cette grand-messe, prévue sur deux jours, le chef de l'Etat a voulu rompre avec le style Sarkozy qui officiait à l'Elysée. Fini les sommets de deux heures à l'Elysée au profit de dialogue dans la durée ? Metro fait le point sur les principales annonces du chef de l'Etat ce matin.
- Une "culture de la négociation"
"La démarche que je vous propose est nouvelle à bien des égards", a-t-il lancé, soulignant que "la France, par ses traditions, par son histoire, par son organisation, par son mouvement social, n'(avait) pas développé une culture de la négociation".
Selon lui, "chacun y a sa part de responsabilité, et l'Etat au premier chef. Il a souvent mené (...) des concertations de pure forme", a-t-il lancé, faisant allusion, sans le citer, à son prédécesseur Nicolas Sarkozy. Il a d'ailleurs sévèrement critiqué le bilan du quinquennat précédent, dénonçant "des pertes de recettes inopportunes" et une "détérioration de notre compétitivité".
- S'inscrire dans la durée
"Notre objectif aujourd'hui n'est pas de tenir un sommet social ponctuel" et cette conférence sociale doit "s'inscrire dans la durée", a averti le président.
Il a fixé aux partenaires sociaux un "rendez-vous dans un an" pour un "premier bilan", après avoir demandé au Premier ministre de "tirer toutes les conclusions de cette conférence pour rendre ensuite les arbitrages les plus conformes à l'intérêt général et au dialogue social".
- Inscrire le dialogue social dans la Constitution
C'était une promesse de campagne. François Hollande a réitéré sa volonté d' "inscrire dans notre Constitution" la règle du dialogue social. Une idée développée ce lundi : le chef de l'Etat a pris l'engagement qu'aucune loi ne soit "votée par le Parlement sans qu'il y ait eu une phase de concertation" au préalable avec les partenaires sociaux. Il a plaidé à de nombreuses reprises pour le "compromis", celui "qui permettra à notre pays de sortir par le haut des épreuves qu'il traverse".
- L'Etat actif face aux plans sociaux
Face aux nombreux plans sociaux en cours, risquant de grossir les rangs des demandeurs d'emploi --représentant "10% de la population active, son niveau le plus élevé depuis douze ans", a-t-il observé--, M. Hollande a prévenu que "l'Etat ne pourra pas rester inactif".
- Le contrat de génération
Revenant sur une proposition phare de son projet, le contrat de génération, le président a indiqué que ses modalités seraient "simples et efficaces, et en même temps adaptées aux exigences de l'entreprise". Il a souhaité son "entrée en vigueur au début de l'année prochaine".
Alors qu'il avait désigné "le monde de la finance" comme son "seul adversaire" durant sa campagne, le chef de l'Etat a souhaité devant les partenaires sociaux que la France retrouve sa "souveraineté" et son "indépendance par rapport aux marchés".

















