Malgré l'interdiction du bisphénol A des contenants alimentaires d'ici 2015, les perturbateurs endocriniens sont loin d'avoir disparu de notre quotidien. La preuve en est avec une nouvelle étude de l'association de consommateurs UFC-Que Choisir. Cette dernière vient de publier des résultats préoccupants suite à des tests réalisés sur 66 produits cosmétiques et d’hygiène.

Ces produits de beauté contiendraient des perturbateurs endocriniens,"sous la forme de conservateurs, d'antibactériens, de filtres solaires et d'émollients", et ce parfois en concentrations élevées. Or, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et le Programme des nations-unies pour l’environnement (PNUE) considèrent les perturbateurs endocriniens comme une menace pour la santé, du fait de leur impact sur la fertilité ou les troubles neurocomportementaux.

Gare à l'effet cocktail

"Alors même que ces molécules peuvent avoir un effet hormonal à des concentrations infimes, certains fabricants continuent à les incorporer dans les produits cosmétiques", assure UFC-Que Choisir. L'association cite notamment le dentifrice Colgate Total dont les mesures ont révélé une teneur en triclosan "susceptible d’effet sur la thyroïde". De même, le gel douche Nivea "Water lily & oil" contiendrait une dose de propylparaben supérieure aux recommandations sanitaires.

Si utilisés séparément, la plupart de ces produits ne comportent pas de risque majeur, le danger se ferait plus important en utilisant différents produits comportant la même molécule. "C’est ce que nous avons constaté avec le triclosan pour lequel nous avons trouvé des teneurs acceptables sur les dentifrices et les déodorants pris isolément, mais qui atteignent un niveau de risque significatif pour une utilisation combinant les deux produits", souligne l'association.

Le phénomène serait encore plus marqué dans le cas du propylparaben, retrouvé dans pas moins de neuf familles de produits cosmétiques et d’hygiène, en particulier les crèmes visage, fonds de teint et laits corporels. En réponse à ces résultats, UFC-Que choisir a fait savoir qu'elle avait diligenté la Commission européenne à mener des recherches sur l'impact de ces molécules et à obliger les professionnels à réaliser des étiquetages complets sur la composition de leurs produits.