Le réseau Sortir du nucléaire commémore la catastrophe de Tchernobyl, survenue le 26 avril 1986. Est-ce une occasion de replacer le nucléaire au centre du débat politique dans l'entre deux-tours?
Nous commémorons tous les ans cet accident. Cette année, c'est un contexte particulier. Nous organisons quatre jours d'actions, avec plus de 130 rassemblements, conférences-débats ou chaînes humaines dans toute la France. Nous voulons interpeller les candidats pour dire que cette catastrophe n'est pas finie. Les conséquences s'en font encore sentir sur les populations en Ukraine et en Bielorussie.

Le nucléaire est-il de nouveau sorti du débat politique?
Le nucléaire n'a malheureusement pas été l'un des sujets principaux de la campagne. Il a fait débat dans certains partis : Europe Ecologie-Les Verts (EELV), mais aussi le Parti de gauche et le NPA. Mais dans les partis majoritaires, UMP et PS, il n'y a pas de remise en cause du modèle énergétique de la France.

Pourtant, le candidat socialiste, François Hollande, s'est engagé à une réduction de la part du nucléaire…
C'est une avancée minime, mais c'est loin d'être suffisant. François Hollande ne prend pas la mesure de la catastrophe de Fukushima. Il fait comme si cela ne pouvait pas se passer en France, alors qu'on a régulièrement des incidents. Dans les derniers temps, il est complètement revenu sur l'accord signé avec EELV, en disant qu'il ne fermerait que la centrale de Fessenheim.

Comment comptez-vous faire pression ?
On fera tout pour que le débat sur le nucléaire ne se referme pas, en menant des actions pendant les législatives. Car l'enjeu, c'est de relocaliser la production d'électricité : c'est à la fois une question locale et nationale. Si on veut un jour obtenir une loi de sortie du nucléaire, il faut appuyer sur les députés en mobilisant la population. Le 11 mars 2012, pour l'anniversaire de Fukushima, nous avons mis 60 000 personnes dans la rue, ce n'était jamais arrivé depuis les années 70.