Un vent de panique souffle chez les gynécos. Depuis que la Haute autorité de santé a souligné le risque de thrombose veineuse deux fois plus élevé pour les pilules de troisième et quatrième génération, les cabinets sont pris d'assaut. "Nous recevons chaque jour des appels de patientes très inquiètes", souligne un cabinet de gynécologie parisien, contacté par Metro. "Des femmes paniquées nous appellent pour savoir si elles sont en danger".

Le constat est sans appel. La pilule, contraceptif préféré des Françaises, semble avoir perdu de son succès. Actuellement, 2,5 millions de femmes sont actuellement sous pilule de 3e et 4e générations, soit la moitié des femmes sous pilule en France. Si certaines décident tout bonnement d'arrêter, elles sont de plus en plus nombreuses à vouloir changer de contraceptif. "Au début, c'était surtout pour s'informer mais aujourd'hui nous avons beaucoup de rendrez-vous de jeunes femmes qui veulent un autre mode de contraception", affirme ainsi le cabinet. Stérilet, patch, anneaux contraceptifs... Même les pilules 2e génération, décrites comme moins dangereuses, reviennent en force.

Des alternatives toutes aussi dangereuses ?

Le ministère de la Santé a ainsi affirmé que les ventes de pilules de 2e génération ont bondi de 20% sur les dix premiers jours de janvier par rapport à la même période en 2012. Par ailleurs, les ventes de pilules de première génération, normalement très peu prescrites, ont progressé de 25%. Dans le même temps, les ventes de pilules de troisième génération ont reculé de 6%, selon ces données fournies par l'Ordre national des pharmaciens. Le message des autorités sanitaires aurait donc été entendu.

Sauf que pour le Syndicat national des gynécologues obstétriciens de France (Syngof), cette nouvelle donne n'est pas sans danger. Il met en effet en garde les femmes contre l’utilisation des patches et des anneaux contraceptifs. Ces deux solutions de contraception utilisent en effet les mêmes hormones que les pilules récemment mises en cause, et peuvent "présenter des mêmes risques que les pilules de 3e ou de 4e génération", prévient le Syngof, qui réclame désormais une clarification par la Haute autorité de santé sur ce point.