Le comprimé miracle contre les boutons disgracieux serait-il dangereux ? Conséquence de la polémique sur la dangerosité des pilules de 3e génération, l'inquiétude se porte désormais sur la pilule Diane 35, rapporte le Journal du Dimanche. Commercialisée à partir de 1982 par les laboratoires Shering, Diane 35 possède un statut hybride qui pousse à une utilisation à risque.

Présentée d'abord comme traitement anti-acné, ses propriétés contraceptives ont en effet contribué à son succès à partir de 1987. Un double emploi qui a conduit de nombreux praticiens à prescrire ce petit comprimé pour régler les deux problèmes en une seule fois. Sans se poser de questions.

Ne pas la prescrire en premier

"J'ai pris la pilule à l'âge de 16 ans, comme un bonbon anti-grossesse", raconte au JDD Laetitia, 25 ans. Utilisatrice de la pilule Diane 35, elle a failli perdre la vue suite à une thrombose de l'oeil, peut-être due à ce traitement contraceptif. "La gynéco de ma mère m'a prescrit Minerva, un générique de Diane 35, sans m'interroger sur d'éventuels antécédents familiaux de phlébites ou d'embolie pulmonaire", explique la jeune femme.

Une prescription généralisée et devenu presque automatique que dénoncent de nombreux praticiens. "Il ne faut pas la prescrire en premier comme on l'a fait à tort avec celles de troisième génération mais privilégier une de deuxième génération, et la réserver à des cas très particuliers", explique ainsi l'hématologue Jacqueline Conard, pour le JDD.

Mise en garde dès 2002

Mais les interrogations sur la pilule Diane 35 – commercialisée depuis 2006 par Bayer – ne datent pas d'hier. En 2002 déjà, les autorités sanitaires canadiennes préviennent les médecins du risque accru de thrombose. Santé Canada, le ministère de la Santé, estimait ainsi que Diane 35 ne devait pas être prescrit comme seul contraceptif mais au contraire s'adresser à des cas d'acné "grave" ou d'hirsutisme, et devait être stoppée dès "disparition complète du trouble".

Une étude danoise de 2011 montre aussi que les risques de phlébite et d'embolie pulmonaire est multiplié par 6,68 avec Diane 35. La faute à son progestatif, l'acétate de cyprotérone. En comparaison, avec le progestatif désogestrel (3e génération), le risque est multiplié par 5,58 et par 7,90 avec la drospirénone (4e génération). En France, suite à la plainte de Marion Larat, l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) veut tenter de limiter l'utilisation des pilules de 3e génération, qui ne seront bientôt plus remboursées.