Réformer pour mettre fin au chômage. C'est en substance ce que demandent le Medef, l’Association française des entreprises privées (Afep), Croissance plus, Ethic, EDC (patronat chrétien), le Cercle de l’industrie et le mouvement des entreprises de taille intermédiaire. Dans une lettre ouverte publiée par le JDD, les organisations patronales listent leurs idées pour réformer le Code du travail.

 Un contrat de travail "agile"

En clair, les patrons veulent pouvoir licencier plus facilement. Ainsi, ils réclament "un plafonnement des indemnités prud'homales lié à l'ancienneté du salarié", mais aussi "des motifs de rupture liés à la situation de l'entreprise ou la réalisation d'un projet." En clair, les signataires de la lettre souhaitent pouvoir licencier un salarié pour raison économique, ce qui est actuellement interdit par le Code du travail.

 Moins de cotisations sociales

Haro sur les cotisations. Pour les organisations patronales, la baisse du chômage passera par une "exonération totale de ­cotisations sociales patronales durant deux ans pour toute nouvelle embauche dans les petites entreprises" ainsi que pour "tout recours à un alternant" que ce soit un apprenti ou un contrat de professionnalisation.

 Faciliter l'embauche des demandeurs d'emploi

Les signataires de la lettre ouverte au gouvernement réclament "des dispositions facilitant l'embauche de chômeurs de longue durée ou de personnes éloignées de l'emploi en combinant formation et abondement par des aides sociales pour alléger le coût pour l'entreprise." Une mesure qui s'inspire du voeu fait par François Hollande il y a quelques jours : former 500.000 chômeurs supplémentaires en 2016. Une mesure financée par l'Etat, et dont les patrons veulent donc qu'elle s'accompagne d'aides sociales supplémentaires, sans en préciser les modalités.

Dans l'ensemble, la lettre ouverte au gouvernement ne comporte pas de grandes nouveautés. Les patrons ne démordent pas, ils veulent détricoter le Code du travail, le simplifier, condition sine qua non selon eux à un retour de l'emploi en France. S'il n'a pas encore réagi, le gouvernement aura fort à faire pour convaincre les plus sceptiques de la nécessité de suivre de telles mesures. Le pacte de responsabilité, voulu par François Hollande et signé avec le Medef et les grandes organisations patronales devait déjà ramener l'emploi dans les entreprises. Ce n'est toujours pas le cas.