Les scientifiques du groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec) le répètent rapport après rapport : si rien n’est fait pour réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES), les températures planétaires devraient augmenter de 3° à 4,8°C d’ici à 2100. Et avec toutes les conséquences en matière de catastrophes naturelles, montée des eaux, déplacement des populations que cela pourrait avoir.

S’engager à réduire drastiquement les émissions de gaz à effet de serre

Réunis à Paris, du 30 novembre au 15 décembre, pour la 21e conférence internationale sur le climat (Cop21), les chefs d’Etat et représentants des 195 Etats auront donc pour objectif de signer un accord pour limiter le réchauffement de la planète à 2°C à l’horizon 2100 par rapport aux températures de la période préindustrielle. Un objectif déjà fixé à Copenhague en 2009 - malgré l’échec des négociations sur les engagements chiffrés en matière de réduction des émissions des GES - et qui doit palier l’obsolescence programmée à 2020 du protocole de Kyoto, ratifié en 1997 par 55 pays industrialisés mais sans les gros pollueurs Etats-Unis, Canada, Russie ou Chine.

Alors comment respecter l’objectif de 2°C de réchauffement maximal d’ici 90 ans ? L’accord de Paris vise d’abord à contraindre les Etats à des engagements ambitieux en matière de réduction des rejets de GES avant 2030, pour une société sans carbone d’ici la fin du siècle. Et tout le débat porte sur les contributions des Etats dont la majorité sont déjà connues. A titre d’exemple, les Etats-Unis s’engageraient à réduire leurs rejets de 26 à 28% à l’horizon 2025 mais par rapport à 2005 (une des années d’émission parmi les plus fortes précisait en avril dernier Le Monde), les 28 membres de l’Union européenne de 40% par rapport à 1990 d’ici à 2030, et la Chine, parmi les élèves ni très bon ni très mauvais, de 60 à 65% par rapport à 2005 à l’horizon 2030.

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Rendre possible l’adaptation au changement climatique

Mais s’engager à réduire les émissions en gaz carboné ne fait pas tout. La question des mécanismes de financement et de "solidarité internationale" entre les pays riches et les pays en difficulté, déjà touchés par le dérèglement du climat, devront être fixés dans le texte, après les promesses de Copenhague et d’un fonds de 100 milliards de dollars pour le climat d’ici 2020. "L’objectif, c’est surtout de se mettre d’accord sur les moyens partagés pour mettre en place l’adaptation au changement climatique, sur comment engager la transition énergétique mondiale", estime Alix Mazounie, responsable des politiques internationale pour l’association Réseau action climat (RAC) contactée par Metronews.

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Dernier problème à résoudre : l’accord qui sera signé à Paris à la fin de la Cop21 ne rentrera en vigueur qu’en 2020. "Ma question est donc de savoir comment chaque Etat va faire pour mettre en place cet accord et l’adaptation au changement climatique dans les cinq années qui viennent", conclut la responsable de Réseau Action Climat. Les dernières sessions de négociations à Bonn, en Allemagne, du 19 au 23 octobre pour parvenir à un texte de base à l’accord de Paris seront capitales.

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