"Un Ayrault très discret", "Super Ayrault", "la Ayrault dynamique"... La presse française a abusé des jeux de mots plus ou moins hasardeux depuis l'arrivée de Jean-Marc Ayrault à Matignon. Hors de l'Hexagone, on marche davantage sur des œufs à l'évocation de notre Premier ministre. Son déplacement en Corée du Sud, jeudi, a encore montré la difficulté des journalistes étrangers à traduire phonétiquement le nom de l'ancien prof d'allemand.

Jean-Marc "Erotique" à Séoul, monsieur "Pénis" à Damas

Les médias du pays ont en effet effectué des choix bien différents pour rendre compte de sa visite : les millions de lecteurs de Chosun Ilbo, le plus gros tirage du pays, ont pu sourire en lisant dans leur quotidien l'interview de Monsieur "Erotique". L'agence de presse coréenne a de son côté choisi une traduction moins provocante, mais tout aussi stimulante pour les mauvais esprits : Jean-Marc "Difficulté". Pour éviter tout double sens, l'ambassade de France à Séoul a quant à elle astucieusement trouvé une traduction neutre, mais qui escamote légèrement le "r" du patronyme.

On se souvient qu'en mai 2012, à sa nomination à Matignon, les médias arabes s'étaient déjà retrouvés dans l'embarras au moment de retranscrire le nom du nouveau Premier ministre français. Sa traduction est en effet grivoise dans leur langue : "Aïro" est un synonyme de "pénis" dans de nombreux pays du Proche-Orient. Afin de dissiper tout malentendu, le quai d'Orsay leur avait donc suggéré de transcrire en arabe les lettres de "Ayrault" qui ne se prononcent pas en français, le l et le t. Le quotidien Al-Bayan de Dubaï avait trouvé une solution beaucoup plus radicale : l'appeler tout simplement... Jean-Marc.