Comme une décrue, la baisse des tensions entre les deux Corées s'annonce très progressive. La péninsule vient de connaître une de ses pires crises depuis plusieurs années, déclenchée par le tir réussi d'une fusée nord-coréenne en décembre, suivi d'un troisième essai nucléaire en février, auxquels la communauté internationale a répliqué par de nouvelles sanctions. Après trois mois de crise, la Corée du Nord vient de retirer deux missiles de leur site de lancement sur la côte est du pays, tout en menaçant de nouveau mardi Séoul de représailles.

Parmi les nombreuses menaces brandies ces dernières semaines par la Corée du Nord, Pyongyang avait déployé deux missiles "Musudan" sur sa côte Est, conduisant les Etats-Unis et ses alliés, Japon et Corée du Sud, à prendre des mesures en cas de tir. Mais ces missiles en question ont "été retirés" de leur site de lancement, a annoncé lundi soir un responsable de la défense américaine sous le couvert de l'anonymat. Ce geste indique qu'il n'y a plus de danger imminent car pour être de nouveau prêt à tirer ses missiles, Pyongyang serait obligé de refaire de nombreuses préparations, ont estimé deux responsables américains. Le porte-parole du Pentagone, George Little, a salué la "pause dans les provocations" de Pyongyang.

La Corée du Nord conserve son vocabulaire enflammé

Dimanche, Pyongyang avait par ailleurs évoqué une relance du site industriel intercoréen de Kaesong, dont l'activité est suspendue depuis début avril. Si le Sud se souciait véritablement de l'avenir de Kaesong, il "devrait prendre des mesures pour cesser tous les actes hostiles et les provocations militaires, causes de la situation actuelle", a déclaré un porte-parole de la Commission de défense nationale, organisme clé du régime et présidé par Kim Jong-Un, le dirigeant du pays. Cesser ces gestes serait "une façon de rouvrir la circulation, reconnecter les lignes de communication et retrouver un fonctionnement normal pour le complexe", a ajouté le porte-parole cité par l'agence officielle KCNA.

Malgré ces signes positifs, l'armée nord-coréenne a tout de même menacé mardi Séoul de représailles immédiates si "un seul obus" tombait dans ses eaux lors des manoeuvres militaires conjointes américano-sud-coréennes en cours. Et si les Américains et les Sud-Coréens réagissaient à leur tour, alors les îles sud-coréennes frontalières seraient "la proie d'une mer de flammes", a prévenu le commandement de l'armée, utilisant le vocabulaire enflammé d'usage dans le nord de la péninsule. Les habitudes ont la vie dure.