La Corée du Nord continue à brandir la menace d'une frappe nucléaire. En atteste le transport constaté vendredi par l'agence de presse sud-coréenne Yonhap d'un deuxième missile de moyenne portée sur sa côte orientale. L'engin, de type Musudan et d'une portée théorique de 3.000 kilomètres, a été hissé sur un lance-missiles mobile et nourrit la crainte de voir Pyongyang attaquer l'un de ses voisins – Corée du Sud ou Japon – ou encore la base militaire américaine située sur l'ïle de Guam, à 3.380 kilomètres de la Corée du Nord.

En réponse, deux destroyers sud-coréens équipés de radars perfectionnés ont été déployés, l'un au large de la côte est et l'autre de la côte ouest. "Si le Nord lance un missile, nous suivrons sa trajectoire", a indiqué à Yonhap un responsable de la Marine sud-coréenne. Du côté américain, "toutes les précautions nécessaires sont prises", a fait savoir jeudi la Maison Blanche, laquelle a décidé d'envoyer des intercepteurs de missiles à Guam pour protéger 6.000 soldats américains d'une éventuelle attaque.

Les ambassades évacuées ?

Le climat de tension est également alimenté par les déclarations formulées par la Corée du Nord selon lesquelles elle ne pourra plus garantir la sécurité des ambassades à compter de mercredi. "Le discours du gouvernement nord-coréen est de dire qu'à partir du 10 avril, il sera incapable de garantir la sécurité des ambassades et des organisations internationales dans le pays dans l'éventualité d'un conflit", a déclaré à l'AFP une porte-parole du ministère britannique des Affaires étrangères. Du coup, les chefs de missions diplomatiques des pays de l'Union européenne présents en Corée du Nord se réuniront samedi à Pyongyang pour décider d'une éventuelle action en vue de retirer leur personnel diplomatique, a annoncé vendredi le ministère bulgare des Affaires étrangères.

Sanctionnée par l'ONU après avoir mené un nouvel essai nucléaire début février, la Corée du Nord n'en finit plus de multiplier les menaces apocalyptiques depuis plusieurs semaines. Des sources militaires citées par Yonhap évoquent la possibilité d'un tir nord-coréen le 15 avril prochain, date-anniversaire de la naissance du fondateur du régime communiste, Kim Il-Sung, disparu en 1994, même si de sérieux doutes existent quant à la capacité de Pyongyang à mener une telle opération.