Les médias l'ont très vite baptisé "le tireur fou", sans que l'on ne sache rien de ses motivations. L'homme qui a mis les forces de l'ordre sur les dents, lundi, en commettant plusieurs agressions en moins de deux heures à Paris, était toujours recherché dans la soirée. Mais les enquêteurs, engagés dans une véritable traque, ont rapidement acquis une quasi-certitude. L'auteur des coups de feu tirés vers 10 h 15 dans le hall du quotidien Libération, blessant grièvement au thorax un jeune assistant photographe, serait celui qui avait menacé d'un fusil à pompe des employés au siège de la chaîne BFM TV vendredi. "Je ne vous raterai pas la prochaine fois", avait-il alors prévenu en prenant la fuite. Ce serait aussi le même forcené qui a tiré trois cartouches en fin de matinée devant le siège de la Société Générale à La Défense, avant de prendre en otage un automobiliste pour se faire déposer près des Champs-Elysées.

A chaque fois, le mode d'opération, les témoignages ou les images de vidéo-surveillance ont désigné un seul et unique suspect : un homme d'une quarantaine d'années au look de chasseur (voir l'appel à témoins), décrit comme "calme et déterminé". "Aucune piste de travail n'est, en l'état actuel des choses, écartée", a souligné en fin d'après-midi le procureur de Paris. Selon François Molins, il n'y a pour le moment "aucun contexte revendicatif".

"Un véritable danger"

Sécurité renforcée devant les grands médias parisiens, hélicoptère survolant la capitale, quartier des Champs-Elysées quadrillé... D'importants moyens ont été déployés pour retrouver celui que Manuel Valls a qualifié de "véritable danger". La "seule consigne" est "d'arrêter celui qui a tenté de tuer et qui peut tuer encore", a également lancé François Hollande depuis Israël. A l'instar des nombreuses réactions indignées qui se sont multipliées tout au long de la journée, le chef de l'Etat a estimé que c'était "la liberté d'information qui était visée" dans les attaques de BFMTV et de Libération.

Au siège du quotidien lundi, c'était la consternation. "On est sous le choc, a confié en milieu de journée un de ses journalistes à metronews. On se serre les coudes et on essaie de travailler, mais le cœur n'y est pas". Mardi, le journal consacrera sa une et ses pages "événement" à la folle équipée du mystérieux agresseur.