Seize corps n'ont pas été retrouvés. Sur les 298 passagers du vol MH17, vraisemblablement abattu dans l'est de l'Ukraine jeudi, 282 dépouilles se trouveraient toujours lundi à bord d'un train stationné en gare de Torez, à proximité du lieu du crash, a affirmé le "Premier ministre" de la "République populaire de Donetsk" (DNR) autoproclamée, le séparatiste Alexandre Borodaï. Plus tôt dans la journée, le Premier ministre Arseni Iatseniouk ukrainien avait de son côté affirmé depuis Kiev avoir "trouvé 272 corps, 251 sont déjà dans le train réfrigéré." "Nous sommes prêts à envoyer tous les corps à Amsterdam" pour procéder à leur autopsie et à toutes les expertises indépendantes nécessaires, avait-il ajouté.

Illustration de la confusion qui règne sur place, Alexandre Borodaï a exclu de laisser partir le train s'il n'était pas accompagné de représentants internationaux. "Nous enverrons le train sous contrôle international, nous n'avons pas confiance en la partie adverse", a-t-il dit à propos du gouvernement ukrainien, qui, selon ses termes, a lancé une "opération antiterroriste" contre les forces séparatistes dans l'Est du pays.

Un réseau ferroviaire endommagé

Mais où envoyer les corps des victimes ? L'un des porte-parole d'une équipe de surveillance de l'OSCE, Michael Bociurkiw, qui a eu accès au site du crash lundi ainsi qu'aux wagons où sont stockées les dépouilles des passagers, a en effet rapporté ne pas savoir où pourrait se rendre le train et quand il pourrait partir. En cause, selon les explications fournis par les séparatistes, a-t-il indiqué, les combats des dernières semaines qui ont endommagé les voies de chemin de fer aux alentours. Un expert médico-légal hollandais, Peter Van Vliet, a cependant indiqué que le train pourrait quitter Torez dès ce lundi.

Au-delà de l'attente des familles, les dépouilles pourraient en effet devoir être transportées rapidement en raison notamment des conditions de conservation des corps. Car si le train comporterait des wagons réfrigérés, les experts qui ont eu accès aux dépouilles ont constaté "les conditions difficiles" dans lesquels ils sont conservés, a précisé Michael Bociurkiw. Présente sur place, une journaliste de l'AFP a pour sa part constaté une très forte odeur de corps en décomposition faisant vaciller certaines personnes, y compris parmi l'escorte des rebelles, au moment où les experts néerlandais sont montés à bord.