La Crimée, république autonome ukrainienne, se retrouve en première ligne jeudi des tensions entre pro-russes partisans de l'ex-président Viktor Ianoukovitch et pro-européens qui ont pris le pouvoir à Kiev. Metronews explique pourquoi.

1. Où se trouve la Crimée ?

La Crimée est une péninsule du sud de l'Ukraine avançant dans la mer Noire. A l'est, ses côtes touchent presque la Russie. Sa superficie est de 27.000 km2, soit une taille équivalente à la Belgique.

2. Qui sont ses habitants ?

La Crimée compte 1,9 million d'habitants. Plus de 60% de la population sont d'origine russe, contre 23% d'Ukrainiens et 12% pour la minorité Tatare turcophone à majorité musulmane. La population est russophone à plus de 80 %. 77 % considéraient le russe comme leur langue maternelle en 2001, contre 10,1% pour l'ukrainien, selon des chiffres cités par la spécialiste Emmanuelle Armandon.

3. Une histoire mouvementée

La Russie n'a jamais totalement perdu la main sur la péninsule depuis que celle-ci lui a été cédée par l'Empire ottoman, en 1792. A la fin de l'Empire russe, la Crimée est rattachée à la république russe au sein de l'URSS en 1922. C'est en 1954 qu'elle est attribuée à l'Ukraine soviétique. Région au statut de république autonome, elle reste principalement tournée vers le voisin russe. A la fin de l'URSS, en 1991, ses habitants souhaitaient d'ailleurs en majorité revenir dans le giron de Moscou.
Quant à la minorité tatare, elle a été persécutée et massivement déportée sous Staline. Elle fait son retour en Crimée depuis le début des années 1990.

4. Des enjeux stratégiques

La Russie conserve des intérêts majeurs en Crimée. La péninsule accueille toujours une base militaire russe à Sébastopol, qui héberge 10 000 soldats. Elle permet le contrôle de la mer Noire et un accès aisé à la mer Méditerranée. Cette présence militaire est par ailleurs le poumon économique de la Crimée. Mais elle fait l'objet désormais d'un bail, dont la remise en question avait été évoquée lors de la Révolution orange, en 2005. Il avait toutefois été prolongé par Viktor Ianoukovitch dès son arrivée au pouvoir en 2010. Mais la Russie pourrait craindre qu'il soit à nouveau remis en cause par des autorités pro-européennes.
Le tourisme est une autre ressource importante pour la Crimée, et là encore, les Russes sont nombreux à faire le voyage.

5. Quelle est la situation ces derniers jours ?

Les événements de Kiev ravivent la question du statut de la République, les pro-Russie réclamant un référendum sur la sécession de la péninsule. Des milices d'autodéfense se sont créées pour protéger la région des pro-européens. Mercredi, des manifestations très tendues ont opposé des milliers de partisans et d'opposants de la Russie dans la capitale, Simféropol. Avant que des pro-russes armés ne prennent le contrôle de bâtiments officiels jeudi.