Alors que l’Etat hébreu bombarde la bande Gaza et que le Hamas continue ses tirs de roquettes contre Israel, le conflit est beaucoup commenté, souvent très violemment, sur les réseaux sociaux. Dernier à entrer dans l’escalade du commentaire, le rappeur Booba, peu connu pour la portée politique ou citoyenne de ses textes, a tenu à en ajouter une couche. Pour lui, apporter son soutien sur les réseaux sociaux aux Gazaouis bombardés, est "hypocrite" comme il le dit dans un message posté dans la nuit de vendredi à samedi sur Instagram : "Tous ceux qui croient aider la Palestine avec des posts Instagram,Facebook, etc., vous faites vraiment pitié, bande d'hypocrites. Pas d'politique ici. Si vous voulez aider allez sur le terrain bande de truffes ou sinon fermez-la à jamais !". 

"Wesh Tarik, tu as un C.A.P secrétariat ?"

L’universitaire Tariq Ramadan qui commente beaucoup le conflit israélo-palestinien s’est-il senti visé ? Toujours est-il que l'intellectuel a tenu à répondre au rappeur, sur Facebook, en arguant du fait que se taire face au "massacre" est une "décision très politique".

A ce message, Booba a à son tour répondu en sept points à l’intellectuel, à sa manière : ˝ Wesh Tarik (sic), tu as un C.A.P secrétariat ou quoi ?" Après s’être défini comme "ni pro-Israélien, ni pro-Palestinien", le rappeur a dénoncé l’émotion à géométrie variable qui voudrait que l’on s’indigne pour le sort des Gazaouis mais pas pour celui des nombreuses personnes qui souffrent sur le continent africain. Ajoutant : ˝Si j'affrète un avion demain pour la Palestine combien monteront ? Je pense que le pilote sera le seul passager. Soyons réalistes." Enfin, le "Duc de Boulogne" a résumé son propos en une punchline dont il a le secret : "On arrête pas les chars avec la 3G."

"Indécent et honteux"

Réponse à la réponse, par Tariq Ramadan qui dénonce, toujours sur Facebook, "une belle neutralité qui ne serait pas 'politique'". "Quand un éléphant se dispute avec une souris, ajoute-t-il, dire que l'on est neutre, c'est avoir pris le parti de l'éléphant. Le gouvernement israélien, en bel éléphant, doit aimer plus que tout la neutralité apolitique de Booba. Les bombes pleuvent sur Gaza, le massacre continue, et le rappeur est neutre et ne condamne pas la politique israélienne… C'est beau ! C'est surtout indécent et honteux, et je n'ai rien à ajouter."

Finalement, ce clash entre un intellectuel suisse très médiatique et un rappeur habitué à se faire de la publicité de cette façon pose une question (presque) philosophique : l’indignation a-t-elle une valeur si elle n’est pas accompagnée d’actes concrets ? Vous avez quatre heures.