Pendant que l'Ukraine se déchire, le Venezuela sombre lui aussi dans la violence. Les étudiants mobilisés en masse contre le gouvernement de Nicolas Maduro ont appelé jeudi à une marche avec des fleurs blanches, en réponse aux violences qui secouent le pays depuis deux semaines et dans lesquelles quatre personnes ont trouvé la mort. Une manifestante de 21 ans est décédée mercredi après avoir été blessée par balle la veille à Valencia (nord), dans une marche de l'opposition, tandis que trois autres personnes avaient perdu la vie en marge d'un rassemblement à Caracas il y a une semaine. Dans le même temps, le leader de l'opposition, Leopoldo Lopez, a été placé en détention provisoire, envenimant un peu plus une situation déjà explosive.

"Nouvelle et grossière ingérence"

Dans la nuit de mercredi à jeudi, des centaines de manifestants réunis dans l'est de Caracas ont été dispersés par la police anti-émeute. Cette dernière n'a pas hésité à faire usage de gaz lacrymogènes et de tirs au plomb pour empêcher les contestataires de bloquer une avenue du quartier huppé de Chacao en brûlant des poubelles. Comme ils l'avaient fait la veille.

Cette violence jugée "inacceptable" par Barack Obama a été condamnée mercredi soir par le président américain qui a en outre appelé Caracas à libérer les manifestants arrêtés. Des déclarations rapidement et sans surprise balayées par le gouvernement vénézuélien qui a estimé qu'elles constituaient "une nouvelle et grossière ingérence dans les affaires du pays avec la circonstance aggravante d'utiliser une information fausse et des affirmations sans fondement".