Au fort de Brégançon, les années passent et ne se ressemblent pas. Résidence officielle des présidents de la République depuis 1968, le fort a vu séjourner nombre de locataires de l'Elysée. De Georges Pompidou à Nicolas Sarkozy, tous y ont séjourné au moins une fois et François Hollande n'échappe pas à la règle : il est arrivé au fort hier soir en compagnie de sa compagne Valérie Trierweiler.
Accueilli par une centaine de badauds à la gare de Hyères située à une vingtaine de kilomètres du lieu, le Président n'a pas manqué de les saluer. "Ce sont des vacances comme je les vis d'habitude, mais nous sommes dans un contexte très difficile, il y a des turbulences sur les marchés européens", a-t-il déclaré aux journalistes sur le quai, après avoir signé quelques autographes et pris la pose, très souriant. "Donc ce ne sont pas de vraies vacances mais c'est un moment de pause", a-t-il ajouté, en ayant une pensée pour "ceux qui ne partent pas du tout en vacances". Et s'il ne s'agira que d'une pause au milieu des soubresauts de l'actualité internationale. François Hollande l'assure, ses vacances seront "consacrées au repos". "Cela fait un an que je suis en campagne, puis après le 6 mai aux responsabilités, donc il y a nécessité de recharger les accus", a t-il précisé.
Des vacances déjà critiquées
Mais ces quelques jours de vacances ne sont pas du goût de tout le monde. Geoffroy Didier, secrétaire national de l'UMP a fait savoir par l'intermédiaire d'un communiqué envoyé aujourd'hui qu'il souhaitait que le couple présidentiel mette la main à la poche pour ses vacances. "Francois Hollande doit (...) payer sur ses deniers personnels ses vacances strictement privées et familiales. S'agissant de Brégançon, le montant pourrait être de plusieurs dizaines de milliers d'euros pour trois semaines de villégiature.", explique t-il.
Pour Geoffroy Didier, "il n'y a strictement aucune raison que le contribuable soit sollicité afin de payer sur le budget de l'Etat les vacances privées de Monsieur Hollande et de sa compagne", précise t-il.
Si Nicolas Sarkozy préférait séjourner au Cap Nègre dans la maison de famille de sa femme Carla Bruni, François Hollande, lui, séjourne bien dans la résidence des chefs d'État. Valérie Trierweiler s'y est d'ailleurs discrètement rendue la semaine dernière pour organiser le séjour, et faire un repérage des lieux en compagnie de son officier de sécurité. Et si l'on en croit le Canard Enchaîné du mercredi 1er août, ils seront bien assis. L'hebdomadaire satirique raconte les péripéties d'un chauffeur-livreur espagnol ne trouvant pas le fort de Brégançon afin d'y décharger sa cargaison : quatorze cartons de la marque de design espagnole Kettal. Toujours d'après le journal, il s'agirait d'une commande de "modestes coussins de chaise" pour remplacer ceux utilisés par Nicolas Sarkozy et Carla Bruni.
Le fort de Brégançon, un lieu coûteux pour l'État ?
Mais Kettal n'est pas une simple marque de décoration, il s'agit de l'une des marques espagnoles de design les plus prestigieuses et un petit tour sur le site internet de la marque suffit pour constater que les prix n'ont rien de "modestes" : un jeu de coussins de chaise de la marque coûte 128 euros.
Si l'on en croit la Cour des comptes, Brégançon est un lieu coûteux pour l'État. Dans une lettre de Philippe Séguin à Nicolas Sarkozy datant de 2008, consultable sur le site internet de la Cour des Comptes, les charges de fonctionnement du domaine s'élèvent à 226 150 euros. Un montant qui comprend les salaires des employés permanents de la résidence, l'entretien immobilier, l'entretien courant ainsi que les télécommunications et la maintenance. Des frais, certes importants, mais indispensables pour le bon fonctionnement du Fort, d'après la Cour des Comptes.
















