L'ancien secrétaire général de l'ONU, l'Egyptien Boutros Boutros-Ghali est décédé, a annoncé mardi l'ambassadeur du Venezuela Rafael Ramirez, qui préside le Conseil de sécurité durant le mois de février. Juriste et ancien diplomate, Boutros Boutros-Ghali avait été vice-Premier Ministre égyptien chargé des affaires étrangères avant de prendre le poste convoité de Secrétaire général de l'Organisation des Nations Unies entre 1992 et 1996.

A ce titre, il a eu notamment à gérer les conflits meurtriers au Rwanda et en ex-Yougoslavie. Né en 1922, au Caire, il s'est éteint à l'âge de 93 ans. "La disparition de Boutros Boutros-Ghali est celle d’un grand Egyptien et d’un grand serviteur des Nations Unies. Comme ministre des Affaires étrangères de l’Egypte, comme Secrétaire général de l’ONU, comme Secrétaire général de la Francophonie, M. Boutros-Ghali n’a jamais cessé de se battre pour préserver la paix, prévenir les conflits et rapprocher les peuples dans le respect de leur diversité", a réagi le président de la République François Hollande dans un communiqué, rendant hommage "à cet ami de la France, de sa langue et de ses valeurs. Son message doit inspirer l’action de la communauté internationale à l’heure où le Moyen-Orient connaît de nouveaux drames", souligne le chef de l'Etat.

"Je suis inquiet"

Fin octobre 2012, metronews avait rencontré l'ancien responsable onusien sur le conflit syrien, un an et demi environ après le déclenchement de la guerre civile. A l'époque, déjà, Boutros Boutros-Ghali s'inquiétait d'une guerre partie pour durer.

"Je suis inquiet. J'ai assez peur que ce qui se passe en Syrie ne fasse place à une situation de guerre continuelle qui dure très longtemps, nous avait expliqué l'ex-secrétaire général de l'ONU. Vous avez des situations analogues qui ont eu lieu en Somalie, au Sud-Soudan ou en Amérique centrale et qui ont duré des années. Tout le monde parle aujourd'hui d'une réconciliation, mais personne ne semble avoir envisagé que le conflit syrien soit un de ceux-là."

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