Le couperet est tombé pour Delphine Batho. Un an après son arrivée à l'Ecologie, la "bonne élève" est sortie du rang ce mardi. En cause, les coupes prévues par le budget 2014 pour son ministère, avec une baisse de 7% des crédits. Le budget 2014 ? "Mauvais", a assuré la ministre, qui s'est demandé si l'Ecologie était "bien une priorité". Un acte de défiance pour Jean-Marc Ayrault et François Hollande, qui ont décidé de limoger la ministre.

"Ce n'est pas un bon signal de virer encore la ministre de l’Ecologie"

Le verdict a été officialisé à peine une petite heure après l'explication qu'a eu, en milieu d'après-midi, la ministre avec Jean-Marc Ayrault à l'Hôtel de Matignon. D'ordinaire toute en retenue, Delphine Batho a ainsi payé cash son coup de sang matinal. Une entorse surprenante, aux allures de test pour Matignon et l'Elysée. Car critiqué pour son déficit d'autorité depuis plusieurs mois, l'exécutif n'avait plus le droit à l'erreur. De nouveaux couacs seraient "trop durs pour les Français" avait prévenu le chef de l'Etat fin mars, laissant planer la menace d'une démission au prochain dérapage. Dont acte.

Mais la fermeté a un prix que pourraient faire payer à François Hollande les ONG environnementales. Ce renvoi du gouvernement intervient en effet à 15 jours seulement de la fin du débat sur la transition énergique. "Ce n'est pas un bon signal de virer encore la ministre de l’Ecologie", a ainsi déclaré le porte-parole de France Nature environnement (FNE), Benoît Hartmann. Une allusion au départ en juin 2012 de l'ancienne titulaire du poste, Nicole Bricq, qui avait payé ses positions défavorables à un permis pétrolier de Shell en Guyane. "On ne peut pas dire que l'écologie est une priorité si on renvoie les ministres les uns après les autres", assure Benoît Hartmann. Le successeur de Delphine Batho, Philippe Martin, est prévenu.