C'est l'homme sur qui l'on peut compter au PS. Spécialiste de droit de formation - il a été maître de conférences en droit public -, spécialiste des questions de sécurité par intérêt. Jean-Jacques Urvoas accède à 55 ans à une fonction ministérielle, en remplacement de Christiane Taubira. "Enfin !", a dû se dire l'élu du Finistère, qui attendait sa nomination depuis l'élection de François Hollande - même si la place de Beauvau était une destination qui correspondait davantage à son profil.

Ce Breton, très attaché à sa région, adhère au PS en 1977. Il occupera notamment les fonctions de conseiller régional de Bretagne, ainsi que de directeur de cabinet de Bernard Poignant, l'ancien maire de Quimper devenu conseiller de M. Hollande à l'Elysée, avant d'être élu député en 2007.

M. Sécurité à l'Assemblée

Décrit comme discret et efficace, ce fils de militaire préfère agir en coulisse plutôt que s'exposer à la lumière. Toutefois, il ne refuse pas la joute politique quand elle se présente. Ces derniers mois, il a notamment défendu avec autorité les décisions sécuritaires du gouvernement dans les médias. Depuis 2012, il présidait la Commission des lois de l’Assemblée nationale et a pris la charge des principaux dossiers sécuritaires de la mandature en devenant rapporteur de la loi Renseignement, puis rapporteur de la loi de prolongation de l'état d'urgence. Il était en outre récemment pressenti pour codiriger la Commission d'enquête sur les attentats.

Critique sur l'état d'urgence

Il y a encore deux semaines, le président de la commission estimait que l'intérêt de l'état d'urgence s'estompait, affirmant que les principaux objectifs avaient été atteints, tout en notant que sortir de ce régime d'exception serait "un acte délicat à prendre". L'ancien strauss-kahnien, devenu proche de Manuel Valls, va maintenant devoir défendre, aux côtés du Premier ministre, la réforme constitutionnelle sur la déchéance de nationalité. Un sujet qu'il connaît bien puisqu'il avait hérité d'une mission pour trouver un consensus sur ce point très contesté à gauche. Parallèlement, Jean-Jacques Urvoas "préparera le projet de loi renforçant la lutte contre le crime organisé et la réforme de la procédure pénale", précise l'Elysée dans un communiqué annonçant le départ de la garde des Sceaux.

Féru de lettres et d'histoire, il est notamment l'auteur, avec Magali Alexandre – devenue un temps conseillère parlementaire de Manuel Valls à l'Intérieur - d'un "Manuel de survie à l'Assemblée nationale : l'art de la guérilla parlementaire", sorti en 2011. Sorte de bilan d'un premier mandat parlementaire teinté de critiques sur le travail des élus, notamment en termes de contrôle et de transparence de l’information. Le contrôle justement, c'est ce qui semble être à l'origine d'un attrait plutôt inattendu chez le nouveau locataire de la place Vendôme pour la chanteuse Mylène Farmer, qu'il affirme admirer pour son obsession du contrôle, rapporte Libération. Les magistrats sont prévenus.

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