Une personne a été tuée et 49 ont été hospitalisées samedi près de Gand, en Belgique, après le déraillement et l'explosion de plusieurs wagons-citernes. Ces derniers contenaient un produit chimique liquide inflammable et très toxique car dégageant un gaz proche du cyanure. Une vitesse excessive pourrait être à l'origine du drame, le conducteur du train ayant reconnu qu'il roulait plus vite que la limite autorisée. 

Dans la nuit du vendredi 3 au samedi 4 mai, un train de marchandises transportant des produits chimiques entre les Pays-Bas et la Belgique a déraillé non loin de sa destination, le port maritime de Gand, dans les Flandres. L'accident qui s'est produit vers deux heures du matin a provoqué une explosion suivie d'un incendie qui s'est rapidement propagé sur plusieurs centaines de mètres et n'a été maîtrisé que dans la soirée.

Les pompiers laissent le cyanure de vinyle partir en fumée

Six des treize wagons du convoi sont sortis des rails au niveau d'un aiguillage situé entre les communes de Schellebelle et Wetteren a précisé Infrabel, la société qui gère ce réseau ferroviaire. L'une des premières hypothèses avancées, celle d'une vitesse excessive au moment du changement de voie, semble confirmée par le témoignage du conducteur du train.

Quoi qu'il en soit, deux citernes se sont couchées et trois ont pris feu, les flammes gagnant rapidement le reste de la rame après une forte explosion. Bien des heures plus tard, l'incendie n'était pas maîtrisé, mais sous contrôle des pompiers qui ont préféré laisser les wagons et surtout leur contenu se consumer plutôt que de projeter de l'eau sur le brasier. C'eut en effet été prendre le risque d'accentuer les infiltrations de l'acrylonitrile dans le sol et les égouts, et surtout de dégager des vapeurs toxiques.

Trois cents riverains évacués, les autres priés de se calfeutrer

Le conducteur ayant immédiatement donné l'alarme après l'accident, les autorités ont pu très vite déclencher le plan catastrophe et mettre en oeuvre un important dispositif de secours qui était toujours en place samedi matin. Les ambulances mobilisées n'ont guère eu de travail, sinon pour évacuer vers l'hôpital cinq personnes victimes de malaises. Les autorités qui recommandaient ce matin aux riverains de se calfeutrer chez eux ont organisé l'évacuation de quelque 300 personnes résidant dans un rayon de 500 mètres autour du lieu de l'accident. Ci-dessous, la vidéo réalisée la nuit dernière par l'une d'entre-elle.

A noter : il y a tout juste un an, en mai 2012, la Belgique avait connu deux accidents du même ordre impliquant des convois de produits toxiques.